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27/07/2001

Albert Barry : «Mon ami Lucky Luke»

Parti avec le secret de sa créativité naïve Albert Barry a laissé ses compagnons, Lucky Luke, Bambi, le chat, le flamand rose et tous les autres, dans le jardin qu’il a composé à sa retraite de directeur de la cave coopérative. Hommage a un artiste brut comme son art, pour que continue à vivre son jardin.

Lucky Luke est en deuil ; deux fois. Il y a des coïncidences curieuses. A un an d’intervalle, son créateur et dessinateur, Morris et Albert Barry son «ami intime » et sclupteur s’en allaient : «I’m poor lonesome cow boy ! » *
Sur l’avenue des Bains, à Balaruc le Vieux, certains jours c’est un défilé incessant. Particulièrement en cette période estivale. Les curistes et les touristes soit parce qu’ils connaissaient Albert soit par curiosité, s’arrêtent devant le N° 12 pour admirer sa passion créative.
Sa femme, Marie-Thérèse, du haut de la fenêtre de sa maison salue les visiteurs. Elle a été sa première admiratrice : « Il avait un sacré coup de crayon, regardez cette toile c’est sa première peinture. » Tant dans la maison que dans son atelier les murs et les étagères sont les supports d’une collection riche de ses peintures et sculptures. Alain, son fils, est lui aussi heureux de présenter le travail de son père : « Mon père était dévoré par son enthousiasme inventif. Il créait sans cesse de nouveaux personnages. Il les faisait se parler entre eux. Son monde candide est le reflet de sa personnalité. » Alain Barry a pourtant un souci. Il l’expose sereinement : « Depuis le décès de mon père, le jardin demeure une curiosité. » Les badauds sont nombreux devant le portail violet du jardin. Mais ils peuvent constater que si la magie est intacte, les personnages s’abîment et se dégradent à l’épreuve des intempéries. «Afin de sauvegarder ce patrimoine, je vais, avec un groupe d’amis, prendre les contacts nécessaires pour le valoriser et le restaurer ». L’idée d’un musée Albert Barry est dans l’air. Alain poursuit : «Pas si loin de Balaruc le Vieux… des moyens importants ont été investis pour présenter des collections d’art modeste ». Albert Barry à la manière du facteur Cheval n’a t-il pas lui aussi su créer un univers de poésie et de gaieté ? Comme le dit le dicton populaire : Quelquefois on va chercher loin ce qu’on a prêt !
« Je revois mon père accueillir les visiteurs leur montrant ses dernières créations » Sa renommée dépasse les limites du Pays de Thau. Un livre a été publié en 1995. Il retrace le cheminement imaginatif d’Albert Barry. Ce recueil, signé par Yvonne Bruel et Hélène Joyeux, est une poésie a lui seul. On peut y lire : « Le dérisoire devient grandiose et le détail l’emporte sur le tout ».
Alain Barry en le feuilletant sait qu’il se doit de rendre hommage à l’œuvre de son père.: « Profondément Balarucois, mon père a laissé une sorte de message. Il a construit un univers gentil. Peut être parce qu’optimiste de nature il préférait le voir ainsi. » Son ami Lucky Luke ne peut rester solitaire plus longtemps. Gageons qu’Alain Barry, trouveras les moyens permettant de continuer à présenter, à Balaruc le Vieux, dans les meilleures conditions, tous les amis d’Albert.
Et toujours à un public le plus large.
* Chanson de Lucky Luke qui termine toutes ses aventures. Traduction : « Je suis un pauvre cow-boy solitaire… »

17/07/2001

Cécile Ragognetti : «Les Balarucois de 1226 la tentation du catharisme »

Cécile Ragognetti, fille du pays, fière de ses racines languedociennes évoque, à l’occasion des Médiévales de Balaruc le Vieux, un épisode fameux de l’histoire de son village.
Cécile Ragognetti a consacré un mémoire de Maîtrise à la Seigneurie de Balaruc à la fin du XIIème siècle.


"Les médiévales de Balaruc le Vieux sont une initiative très sympathique. Elles permettent de donner à réfléchir tout en s’amusant sur l’histoire - la vraie - de Balaruc le Vieux." De Vendredi à Dimanche, les visiteurs et les curieux imagineront durant trois jours la vie d’un village et les figures historiques qui le traversèrent :
Un seigneur, Gui Chef de Porc, accusé de catharisme par l’Evêque de Maguelonne. Un comte de Toulouse, Raimon VI, battu par le sanguinaire Simon de Monfort. Un pape Innocent III qui rend une justice de Salomon. Les protagonistes de ces événements vont ferrailler durant plus de trois ans avant un dénouement, en fait un compromis celui du Royaume de France. «Ce qui m’a attiré dans l’histoire que j’ai évoqué dans ce Mémoire c’est la mise en évidence de l’esprit frondeur des paysans languedociens vis à vis des féodaux. L’affaire de Balaruc, c’est le nom qu’on lui donne, est riche d’enseignement à ce sujet». En 1210, Raimon VI a cédé notre village et ses terres à notre Seigneur Balarucois, Gui Chef de Porc. Certainement pour bons et loyaux services ! La seconde croisade contraint Gui à rejoindre l’armée de son suzerain. Voilà notre Gui à nouveau sur les voies du catharisme ! Mais sentant l’aubaine pour récupérer cette Seigneurie l’Evêque de Maguelonne fait appel à la justice Papale pour évincer son principal ennemi.
«Les habitants dans cette guerre locale, ont une réaction de méfiance. Il préfèrent soutenir le Comte de Toulouse. «Après de maints rebondissements le Pape rend son verdict : A l’Evêque de Maguelonne, le Château, à Gui Chef de Porc, la Seigneurie.»
Finalement en 1237, l’épouse de Gui, Béatrix vend la Seigneurie de Balaruc au Roi d’Aragon.
L’Evêque de Maguelonne, tenace, dû, toutefois la lui racheter en 1244.
«Balaruc, notre petite cité durement acquise restera dans le domaine épiscopal jusqu’à la Révolution» précise Cécile. «Je retiens de cette étude, la méfiance des paysans de Balaruc envers leur seigneur Gui. Durant les années suivantes, il mèneront une lutte obstinée pour obtenir du seigneur-Evêque franchises et exemptions diverses. Je pense que les paysans du midi n’ont jamais accepté les contraintes féodales. Nos Médiévales Balarucoises s’enrichiront certainement en évoquant ce passé historique» conclut Cécile Ragognetti.