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10/08/2001

Rue du Pousadou, souvenir de la corvée d’eau !

Première d’une série consacrée aux rues et places de Balaruc le Vieux, la rue du Pousadou rappelle que notre village est languedocien. Ici, comme ailleurs, les anciens aimaient donner des noms d’usages ou de lieux en occitan.
La rue du Pousadou est peu banale. Comme une brèche tranchée dans les remparts du village, elle laisse envahir de l’air rude du vent du Nord, la place du jeu de ballon.
A à peine un jet de fronde les Collines de la Mourre surplombent de belles villas de Poussan. Par cette orientation, peut-être pourrait - ont s’imaginer que Pousadou a un lien avec la cité du cochon. Détrompez-vous ! Si l’on consulte l’incontournable étymologie occitane de Louis Alibert, nous sommes «sul camin de l’aiga». Car si la «posada» est l’eau puisée en une fois, le pousadou pourrait être une orthographe locale du «posador» qui n’est autre qu’un seau ou l’endroit d’une rivière où l’on puise. Ne sommes nous pas à quelques mètres du canal de l’Agau? Tenez, encore un mot de lieu typiquement balarucois ! Si cette tentative d’explication vous semble incomplète n’hésitez à nous communiquer la vôtre. «Al cop que vèn !»

La «Banquette» émergence de l’ancien port.

Comme tous les ans, en cette période de basses eaux, les vestiges du port de Balaruc le Vieux apparaissent à l’entrée de la Crique de l’Angle. Petit rappel historique d’un débarcadère vital pour Balaruc et les villages voisins.

Ces centaines de pierres de taille qui affleurent de l’eau saumâtre de la Crique de l’Angle évoquent à leur manière que Balaruc était le port indispensable du nord du Bassin de Thau jusqu’au XVIIIième siècle. Il est construit sur ou près des restes d’un bassin antique datant du VIIIième siécle avant Jésus Christ. L’histoire partielle de ce port fut d’ailleurs décrite par Albert Fabre dans son histoire de Balaruc paru en 1879. Ce qui l’évoque c’est la construction d’un nouvel ouvrage et l’arrêt de l’exploitation du port dit de «Carême». Ce dernier, ainsi nommé car «les barques qui s’y rendaient pour prendre chargement restaient un si long espace de temps à l’attendre, que les habitants disaient qu’elles y faisaient le carême. » Inadapté aux nécessités du transport du vin en provenance des villages de Poussan, Montbazin, les Cournons, Pignan, Fabrègues, Gigean et après maintes péripéties, qui faillirent mettre à mal le projet, en 1752 le nouveau port fut livré. Toujours selon Albert Fabre le procès-verbal établis par l’ingénieur Petit indique : «le bassin était encaissé dans des murs de maçonnerie de trois pans d’épaisseur (80cm) et à un pan et demi (35cm) en contre haut des mers basses, et que l’ensemble des travaux est complet. ».
Tous les étés on peut reconnaître ce bâti que les Balarucois appellent «La Banquette».