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29/10/2001

William Gasc : Meilleur jeune boulanger de la région.

a8da92e3851c02f5969910edaaca6c60.jpgWilliam Gasc poursuit ses études. Son CAP de boulanger en poche depuis juin dernier, tout aussi méritant qu’un licencié en droit ou en lettres, le voilà aujourd’hui qualifié pour la finale du concours national des Meilleurs jeunes boulangers de France. Parcours d’un jeune homme de 19 ans, discret aimant son métier et ce qu’il représente.
Peut-être parce que Balaruc le Vieux est de tradition rurale, son père lui ayant raconté que les champs de blés y étaient nombreux. Peut-être parce que l’odeur maternelle du pain frais est, comme un souvenir d’enfance, douceur et gourmandise, William a choisi la « boulange » ! Il est de ceux qui, tranquillement mais avec une grande force caractère, font progresser le métier. Depuis 4 ans, le jeune Gasc, comme on l’appelle à Balaruc le Vieux, pétrit la pâte à l’heure où tout le monde est encore endormi. Dès 15 ans, s’arracher de son lit tous les jours à 3h30 du matin pour rejoindre sur sa "mobe" le fournil de son maître d’apprentissage est un rituel rugueux qui ne le dérange plus : « Je dois beaucoup à mes deux premiers patrons. D’abord Monsieur Goudard de la boulangerie « Aux croissants d’Or » de Frontignan la Peyrade, et actuellement Denis Ortega de « La Panote Dorée » de Montbazin. C’est eux qui ont su avec mon prof’ de boulangerie Tony Yvorra m’amener à franchir ce premier niveau ». William n’entend pas en rester là ! Déjà parmi les 22 meilleurs jeunes boulangers de France, il va concourir pour le titre national qui se déroulera au Centre de Formation d'Apprentis de COUTANCES dans le département de la Manche les 28, 29 et 30 novembre 2001. Ce concours, qui est la référence nationale, requiert de grande qualité technique et de créativité. William s’y prépare tous les jours. Il y consacrera une semaine d’entraînement « coaché » par un ancien meilleur ouvrier de France , Monsieur Pons, qui viendra tout spécialement de Montpellier pour le conseiller. « Il faut que je me donne toutes les chance de réussir ». A cet instant on voit dans les yeux malicieux du jeune apprenti toute l’envie de réaliser « quelque chose ». Ce concours est organisé par la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie. Son jury est composé de 11 professionnels qui sont des sommités du métier : « Pas de place pour l’approximation ». La durée des épreuves est fixée à 8 heures : « Il faut être endurant et en bonne condition physique » Et de poursuivre : « Pas de place pour le bachotage toutes les techniques doivent être maîtrisées. » Le sujet comporte 4 thèmes : Le pain de consommation courante obligatoirement de tradition française, les pains spéciaux (2 sortes), dont obligatoirement le pain de campagne, la viennoiserie : (croissants, brioches à têtes...) et le travail sur pâte morte. William domine tout particulièrement ce dernier exercice : « Lors de l’examen du CAP, j’ai réalisé un pain décoré, le thème imposé étant la BD. J’ai choisi un dessin d’Uderzo que j’ai dû adapter à la pâte morte pour représenter Obélix en pleine action de livreur de menhir ! » Concentré sur son objectif à court terme, William Gasc pense à construire un projet professionnel : « J’aime la boulangerie, mais après avoir passé le BEP en juin 2002, je rajouterais à mes acquis, la pâtisserie. Mon souhait serait dans quelques années d’avoir ma propre affaire ! Je sais que ce n’est pas évident actuellement, mais pourquoi pas ! » Evoquant le Compagnonnage, dans sa recherche de perfectionnement il se dit prêt à bâtir son « chef d’œuvre » à l’exemple des meilleurs ouvriers de France. Revenant à son objectif immédiat : « Pour être parmi les apprentis qui seront reçus à l’Elysée pour offrir au Président de la République, au nom de notre profession, la Galette des Rois, il faut que je sois classé parmi les 8 premiers nationaux. Ca serait super ! » Ce que n’ose évoquer William c’est que les deux premiers participeront au concours international ! Comme le chocolat dans le pain et la cerise sur le gâteau.

Marc Ayral

03/10/2001

Place des « barris »

Place des Barry’s. C’est en cet anglicisme que figure, sur un plan récent de Balaruc le Vieux, l’orthographe du mot occitan barri. Certes le « s » très à la mode au début du siècle dernier, où, notamment à Paris, on aimait bien angliciser les noms d’établissements célèbres : A commencer par « Maxim’s ». Cette anecdote ne peut faire oublier que le village construit sur un « truc » est entouré de « barris ». Dans la langue de Molière : Balaruc le Vieux est construit sur une colline enserrée de remparts au bas desquels ont été construits des faubourgs ! La traduction française de « barri » hésite entre trois mots : Rempart, fossé, faubourg. Décidément pour ce qui concerne Balaruc le Vieux ces trois désignations pourraient s’y appliquer. Toutefois, traduit du dialecte languedocien on retiendra plutôt le terme de faubourg. Ce mot sent la contestation, la protestation populaire ! Mistinguette ne revendiquait-elle pas : « Je suis né dans le faubourg St Denis » moins léger et de surenchérir pour en renforcer les aspects faubouriens Anatole France : « Les fleurs sont rares dans ce faubourg souillé par la suie des usines ». Sans aucun doute la Place des barris est bien loin de cette évocation « parigote » tendance communarde ! Les barris balarucois sont paisibles ! Un peu gouailleur quand même ! On y a le verbe haut. C’est normal, lorsque vous avez un rempart de 10 mètres de haut devant votre logis, il faut parler fort pour se faire entendre par les autres villageois ! Entre le canal de l’Agau et les remparts les habitants des barris ont quelquefois le sentiment d’être un peu à part. Pour comparer, comme les pointus sétois. (ndlr habitants de la Pointe Courte). Ici, on est en dehors du village. Cette réalité a développé au fil des siècles la sensation dans l’inconscient collectif d’être avant tout habitant des barris puis balarucois !
Al còp que ven !

01/10/2001

Un mûrier tricentenaire ?

La vie de Balaruc le Vieux est faite de 1000 anecdotes dont certaines d’origine historique mérite qu’on s’y arrête. C’est le cas du vieux mûrier de la place Assiè. La légende, qu’évoque quelques fois le Père Maubon voudrait que le vénérable moracée est dépassé les 300 ans. Mais comme aucun des Balarucois ne peut se targuer objectivement de l’avoir planté, on laisse la légende se perpétuer. Qui sait ! Avec son air penché du côté où le vent aimerait le voir chuter l’arbre est comme les balarucois : Il résiste paisiblement. Un jour, s’apercevant que l’ombre centenaire fléchissait, une main généreuse le flanqua d’un tuteur en béton précontraint de chez maçon costaud ! Ouf ! On allait pouvoir continuer à se rafraîchir sous son branchage. Comme pour toutes les histoires clochemerlesques il y a un fond de vérité ! C’est au Sieur Jean-Baptiste Colbert qu’on devrait le mûrier de Balaruc le Vieux., Le surintendant de Louis XIV qui exerça son pouvoir dans tous les domaines de l’administration publique, favorisa l’industrie et le commerce. Fonda ou agrandit les ports de Brest et Cherbourg et acheta Dunkerque aux Anglais. Lors d’une inspection du chantier du port de Sète, il emprunta la seule route existante alors, l’actuelle avenue des Bains. Pour ce qui n’était qu’un large chemin, Colbert, ordonna qu’on y plate des mûriers. Ce fut fait. Les derniers alignements furent abattus dans les années soixante dix et plus récemment encore pour les derniers. Reste aujourd’hui le mythe du mûrier tricentenaire de la place Assié. Ne parle-t-on pas du mûrier dans la bible ? A l'époque de Jonathan, celui-ci réprimandait les hommes de Shechem pour leur ingratitude envers la maison de son père en leur racontant la parabole des arbres qui voulaient devenir roi : l'humble mûrier avait finalement été choisi après que l'olivier, le figuier et la vigne aient refusé cet honneur. Les références bibliques nous entraîneraient à penser que le mûrier de Balaruc le Vieux a été planté il y a deux mille ans ! Qui dit que les balarucois n’ont pas de mémoire !