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18/02/2003

Conférence sur l'Ostréiculture

Il est encore possible pour un balarucois d'apprendre des choses sur l'ostréiculture. Henri Grisel, chercheur à l'Ifremer l'a démontré récemment lors d'une conférence organisée par le "Truc".

Plaçant sa démonstration sous un angle pédagogique, le public présent a pu mieux appréhender l'ensemble des paramètres que constitue le métier ostréicole : les règles de gestion du domaine public maritime, la qualité sanitaire et biologique des eaux et l'influence du tourisme sur celle-ci et les caractéristiques géographiques du Bassin de Thau. Sur le plan économique Henri Grisel a rappelé l'importance de ce secteur d'activité dans l'économie du Pays de Thau : 600 concessions qui font vivre 800 familles c'est à dire au total 2000 personnes qui vivent de l'activité conchylicole. Le chiffre d'affaire moyen est de 27 M€ ce qui représente 5% du résultats de l'activité touristique. Il a indiqué aussi que la France est le plus grand consommateur mondial de coquillage avec 140.000 tonnes d'huîtres et 120.000 tonnes de moules. Un chapitre à particulièrement intéressé l'auditoire, c'est celui de la définition des qualités gustatives de l'huître. On y recense des mots tels qu violette, nacrée, blonde, lisse, frisée, chambrée pour l'apparence de la chair ou translucide, maigre, veinée pour la coquille. Pour le goût les qualificatifs principaux sont algue, noisette, salée, sucrée, croquante et fibreuse. La volonté des professionnels de la gastronomie est de définir de plus en plus des typicités dans chaque provenance de produit. Le bât blesse encore pour l'huître de Thau qui n'a toujours pas obtenu son AOC. Les démarches sont en cours et si elles aboutissent elles donneraient aux ostréiculteurs et au Pays de Thau dans son ensemble une assurance de pérennité du métier. Mais les obstacles sont encore nombreux! Pollution,urbanisation, "cabanisation" sont des risques qu'il faut mesurer, atténuer sinon combattre. Pour terminer Henri Grisel a rappelé les avantages de cette activité : "Elle permet, c'est une conséquence, de réaliser une veille environnementale grâce au pouvoir filtrant des coquillages. Par ailleurs c'est une activité structurante sur le plan du paysage. Enfin, l'huître est un aliment diététique peu nourrissant et bourrée de vitamines et d'oligo-éléments. C'est un métier qui doit se faire connaître en s'unissant son avenir en dépend". A t-il conclut.

Marc Ayral ©