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30/08/2003

Georges Cantin : Voyage dans la couleur.

medium_cantin.jpgIl y a des régions, des pays qui ont la particularité de retenir les émotions des artistes peintres. Le Pays de Thau en est un ! Tant dans le domaine de la créativité que de l’offre picturale, le passionné d’art plastique à le choix. Georges Cantin expose à partir de Lundi 1er septembre et ce jusqu’au 30 au Casino des Bains. Rencontre polychrome avec l’aquarelliste de la rue de la République.

Paul Gauguin disait à propos de l’art moderne : « Il faut peindre ce que l’on sent et non pas ce que l’on voit » Georges Cantin en autodidacte pratique l’aquarelle depuis un peu plus de 20 ans. « L’aquarelle m’enchante par les résultats immédiats qu’elle permet d’obtenir, et par sa transparence, c’est pourquoi j’aime à l’appeler peinture de la lumière » précise Georges lyrique. En vulgarisateur il explique encore « Avant tout, il faut que j’aime ce que je vais peindre. Et ma préférence va surtout vers les paysages, les maisons, les fleurs, les arbres. Il faut que le tableau une fois terminé dégage une atmosphère que l’on s’y sente bien dedans. Côté technique il travaille l’aquarelle « mouillé sur mouillé » ou « mouillé sur sec », « Mes ciels très souvent sont fait avec la première méthode. Ma palette actuelle comporte près de 90 couleurs, dont une vingtaine de verts et autant de jaunes. A écouter Georges on comprend que l’aquarelle est d’abord la technique de la spontanéité : « Il ne faut surtout pas peaufiner une œuvre que l’on pense achevée, au risque de l’altérer. Il est important de se laisser guider par son instinct et par les nuances. » L’aquarelliste ne dispose pas de blancs, il utilise le blanc du papier, il doit par conséquent les préserver sur le support, les prévoir à l’avance pour les conserver, faire respecter les frontières cela fait parti des mystères de l’eau. « J’aime peindre sur le motif, mais cela pose souvent des problèmes d’installation, il ne faut pas qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse trop chaud sinon l’aquarelle sèche trop vite. Et lorsque mon aquarelle sera terminée, je l’oublierai quelques jours puis, je l’observerai de nouveau, examinerai son point d’aboutissement, la renierai ou l’adopterai.» Georges présentera aussi au Casino des Bains quelques huiles sur toile qui n’ont jamais été exposées : « L’huile c’est une autre matière on la travaille différemment, au pinceau ou au couteau. L’huile pardonne plus que l’aquarelle, on peut reprendre son travail, pas avec l’aquarelle » indique avec verve Georges. Il est vrai que le public, les galeries, préfèrent les toiles peintes à l’huile : « Cela vient sûrement du fait que l’aquarelle était utilisée à l’époque par les grands maîtres pour établir leurs croquis sur le vif et non pas pour en faire une œuvre proprement dite. » C’est probablement William Turner (qui fut le premier impressionniste) qui donna à l’aquarelle ses lettres de noblesse. Mais les galeries y restent hermétiques : « Peut-être aussi parce qu’une aquarelle reste toujours à un prix inférieur aux huiles, commerce oblige ! » Pour Georges Cantin l’art est un luxe car il est un des rares domaines qui permet « de faire ce que l’on à envie de faire sans limites ! » Sans le blanc mais avec tant d’autres couleurs !

21/08/2003

Léon Malaviale "le balarucois" : "à 95 ans, si je pouvais je jouterais encore!"

medium_leon-malevialle.2.jpg Léon Malaviale se souvient. Beaucoup de vieux balarucois le connaissent et même au delà, de l'autre côté de l'étang. Cet homme est une légende vivante comme on dit! Pensez dans le milieu des joutes, des jouteurs qui ont connu et jouté aux côtés du décuple vainqueur de la St Louis, Louis Vailhé dit le Mouton il n'en reste pas beaucoup.

Et pour cause! Léon est né en 1908. La même année que les quatrième Jeux Olympiques de l'aire moderne qui se sont déroulés à Londres. Parce que Léon le clame haut et fort les joutes sont du sport. Ses débuts de jouteur à l'âge de 14 ans était comme une évidence. Avec un bon mètre quatre vingt et ses 88 kilos Léon n'était du genre gringalet à la M. Brun. Il en en imposait du haut de la tintaine. Les joueurs balarucois n'étaient pas légion. A ce moment là précise t-il "Nous n'étions pas organisés en société. Les sociétés de Sète, Frontignan, Béziers et Agde nous invitaient à participer à leur tournoi. On était apprécié parce que mon frère Georges et moi étions des jouteurs francs!" Et cela dans la bouche de Léon a de l'importance : "Ceux qui utilisaient toutes les roublardises se faisaient remarquer et n'avaient au final pas l'assentiment du public." Car le jouteur régulier était -est (?) - rare. Avec d'autres jouteurs balarucois Léon écumaient les tournois locaux et régionaux. Les Frères Frézou de Balaruc le Vieux, dont Augustin qui a gagné le premier pavois d'Or. "Ceux-là, a eux deux il faisaient 200 kilos!" Un autre jouteur avaient un potentiel énorme. C'était l'arrière grand oncle d'Alain Rouvière, Antoine. Le père du coiffeur Moïse! Au milieu des années folles il y avait un autre Rouvière, Georges le grand père du jouteur gigeannais. Les rivalités entre jouteur balarucois étaient peu présentes :"Cela n'avait rien à voir avec les combats mémorables, lance à la main - mais pas toujours- entre les sétois Liparoti, Cianni, Balthazard et Marquassan. Ah ceux-là ils étaient enragés! Quand à nous balarucois on s'aimait bien, enfin, entre jouteurs." L'allusion de Léon fait référence aux jets de pierres que subissaient les banencs -balarucois des Bains- de la part des enfangatch, balarucois du Vieux. "C'est à dire que ces bagarres venaient du fait que les balarucois du vieux considéraient comme une sorte de trahison que la commune des bains ai été créée. Il ne fallait d'ailleurs pas évoquer la chose. Moïse Rouvière se souvient du haut des ses 92 ans de la remarque d'Augustin Frézou : "Qu'il se soient appelés les Bains de Balaruc, passe. Mais Balaruc les Bains, ah ça non!" Léon pour sa part n'était du genre à "s'estransilher" (se battre)! Du côté tintaine, par contre, il ne donnait pas sa part aux chiens : le 15 août 1925, il gagne son premier tournoi : A quel bonheur! Se faire remettre par le maire le pavois sur lequel est peint : Balaruc "fons illis curat aquis" c'est aussi bien qu'une médaille au jeux olympiques. Il aimerait bien venir voir jouter son jouteur balarucois préféré : Aurélien. On l'a prêté aux sétois, il faut bien qu'il gagne la St Louis de temps en temps face aux Frontignanais!!

17/08/2003

Le vrai St Maurice est de retour!

Jean Garcia s'applique. La mosaïque qu'il avait composée en 1998, à partir d'un dessin publié dans le livre "Balaruc antique et médiéval"pour célébrer le saint patron de Balaruc - St Maurice- a été contestée par son créateur qui avait fait une interprétation des armoiries officielle du village.

Ce dernier réclamant des droits pécuniaires sur l'œuvre qu'il avait créée. Contentieux, sur lequel Jean Garcia veut définitivement tourner la page. Et Jean Garcia s'applique encore! C'est que cette chicanerie l'a vexé! Certes, en tant qu'élu responsable il est pour la protection de la création intellectuelle. Mais qu'on puisse réclamer des droits à la commune sur ses propres armoiries fut-elle stylisées, cela l'a choqué avec beaucoup de balarucois! Alors Jean s'applique toujours. Les armoiries en mosaïque rouge et or qu'il a patiemment construite il y a 5 ans il va les démonter. Le dessinateur revendicatif aura 6500€ de dédommagement fixé par un protocole amiable. C'est ainsi! La commune retrouvera au dessus de sa fontaine des armoiries au St Maurice qui lui appartiennent définitivement. Jean Garcia patiemment recompose la mosaïque d'après les armoiries communales déposées aux archives nationales. Là, plus de contestation possible. St Maurice inébranlable patron du village retrouvera son emplacement à l'occasion de la fête votive le 22 septembre. Jean est un balarucois fier et têtu! Les balarucois auront à cœur de se réunir pour fêter le Saint, le message de son martyr et le travail opiniâtre de leur élu. Rendez-vous le 22 septembre pour la cérémonie de bénédiction et l'inauguration de la nouvelle fresque.

10/08/2003

"Le Muge de Balaruc" est enfin là!

medium_les_mourres_de_porc_3.jpgUne histoire authentique devenue le ferment de la mémoire collective balarucoise est relancée par l'association "Le Truc" et les Mourres de Porc"

Au moyen-âge le Seigneur Evêque de Maguelone dont Bérenger de Frédol et ses successeurs avaient selon des écrits anciens donné à "la communauté de Balaruc un droit de pêche sur l'étang moyennant une redevance annuelle de 45 livres payée aux évêques de Maguelone". Ce droit obtenu par l'impôt, les balarucois ne le payèrent que 50 livres par an jusqu'au XVIIème siècle. L'évêque de Maguelone intenta un procès aux pêcheurs qui dura quarante ans et se conclut en faveur des balarucois. Cette taxe fut semble-t-il appelée la "dîme du muge" ou "l'impôt du muge". C'était une manière pour les autochtones de clamer le peu valeur de cette taxe par rapport aux gains qu'ils pouvaient en fait exploiter des eaux poissonneuses de l'étang. Ils se moquaient et on entendait, à l'époque, "Le muge pour l'évêque, le loup et la dorade pour nous!" En hommage à leur poisson fétiche les balarucois l'érigèrent en forme de girouette tout en haut du clocher de l'église St Maurice. Il y resta jusque dans les années 1970 où usé par la rouille, il disparut du ciel "enfangatch". Ainsi, le muge est devenu pour les habitants de ce village le symbole d'un pied de nez à l'autorité. A partir de cette histoire, l'association "Le Truc" a décidé d'honorer l'animal totémique de Balaruc : "Lo mujol" de Balaruc. Plusieurs villages ont aussi leur animal totémique, carcasse de bois recouverte de tissus, présenté à la population une fois l'an, dans une fête empreinte d'anciens rites païens. On "sort" le bouc à Paulhan, le cochon noir à St-André-de-Sangonis. Le jeudi de l'Ascension, l'âne Martin, seigneur de Gignac, après avoir reçu la bénédiction du prêtre, va parcourir la ville au son des fifres et des tambours. Le Muge de Balaruc héritier de cette tradition va perpétuer lui aussi à sa manière le rite languedocien. La construction du "Muge aura pris quelques semaines. Fait d'une structure métallique et recouvert d'un tissus gris satiné le muge a fière allure. Ses concepteurs lui ont donné une gueule et des ouïes articulées. Ses deux porteurs pourront compter sur les deux guides qui seront respectivement la représentation du pêcheur et du Seigneur-Evêque de Maguelone. La première présentation du Muge à la population de Balaruc le Vieux a eu lieu le Vendredi 19 juillet 2002 à 15h00, place de la mairie. Le "Truc" et les Mourres de Porc ont offert officiellement à la commune la représentation totémique de l'animal fétiche des balarucois ainsi que la chanson écrite expressément par Lionel Lopez et Philippe Carcassès sur une idée de Marc Ayral. "Lo mujol de Balaruc". Le muge dansera désormais joyeusement pour fêter avec le pêcheur les nombreuses bravades à l'encontre du Seigneur évêque.