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10/10/2006

Pourquoi Ségolène est de Gauche ?

medium_sego_jeune.jpgL’autre jour circulait sur internet une interview « post mortem » de Pierre Bourdieu qui mettait en doute l’authenticité de l’engagement à Gauche de Ségolène Royal sur la base d’a priori vestimentaires ou comportementaux. Examinons de plus près au travers les différentes biographies écrites par des journalistes indépendants quelques éléments de sa biographie qui l’on conduit à choisir à s’engager au PS :
Marie-Ségolène, puisque c’est son prénom d’état civil est originaire de Lorraine. Son père était militaire et sa mère était d’abord sans profession, puis, après leur séparation, assistante sociale et militante à la CFDT. Son éducation familiale a été rude avec un père qui disait de ses enfants : « J’ai cinq enfants…et trois filles » Cette phrase publiée dans plusieurs livres n’a jamais été démentie par Ségolène Royal. L’ambiance familiale était donc très pesante. A Epinal, son instruction elle l’a acquise dans un collège de bonnes sœurs. Là, a commencé peut être sa première prise de conscience politique. Elle est passionnée de débat télévisée et s’identifie à Françoise Giroud, elle admire un jour la force du propos de Michel Rocard venu dans sa ville participer à un meeting. Mais, loin encore de prendre position, son éducation l'a contraint, à la maison, à garder le silence. "Pour les filles c’est ainsi" ! Mais plus tard, grâce à sa force de caractère, sa volonté, elle parvient malgré le désaccord de son père à entrer à Science-Po. Père dur, aux idées politiques d’extrême droite. Sègolène lui en veut notamment parce qu’il a quitté toute la famille. Voilà donc la maman, sans ressources, elle fait des ménages et court partout pour gagner quelques sous. Sègolène trouve que la situation faite à sa mère est injuste. Un fait repris dans le livre « La madonne et le culbuto » éclaire mieux la fêlure devenue depuis une force : «… Les quelques bribes lâchées sur cette partie de sa vie alimentent tous les portraits de Ségolène Royal, notamment l'histoire des «matelas du Secours catholique ». Un symbole, une humiliation, une souffrance indélébile, pour Ségolène. Bien des années plus tard, devenue présidente de la Région Poitou-Charentes, alors qu'elle refuse obstinément d'augmenter les impôts, l'une de ses collaboratrices plaide en faveur d'un léger accroissement. «Six euros par famille, remarque-t-elle, ce n'est pas le bout du monde, c'est le prix d'un T-shirt en grande surface ... » Sa phrase n'ira pas plus loin. Elle comprend vite qu'elle vient d'appuyer sur un point éminemment douloureux. « Tu ne sais pas de quoi tu parles! s'emporte aussitôt Ségolène Royal. Tu ne sais pas ce que c'est, d'être à un franc près, vraiment à un franc près ! Tu ne sais pas ce que c'est, d'aller chercher ton matelas au Secours catholique ! Moi je le sais, et six euros, ça peut faire une somme !… »
Eh oui , en effet Ségolène Royal, malgré son nom, son physique, sa prestance n’est pas née de la cuisse de Jupiter comme on dit. Elle n’est pas né dans la soie, elle n’a pas eu tout sur plateau d’argent. Ce qu’elle a, c’est à elle qu’elle le doit. Ca force le respect. Après l’Ena où elle a rencontré François Hollande, ils sont tous deux repérés par Jacques Attali, le conseiller spécial de l’Elysée en 1981, sous François Mitterrand, et rejoignent l’équipe de conseillers qui travaillent en direct avec le président. Elle travailla notamment sur l’organisation du 1er sommet des chefs d’état des pays industrialisés de Paris en 1982. Au passage une remarque : Quand certains disent qu’elle connaît rien à la politique étrangère. Elle a au moins autant d’expérience que les candidats en présence !…
Ces quelques lignes pour affirmer sans nul doute que Ségolène Royal s’est construite à cause ou grâce aux difficultés familiales qu’elle a rencontrées mais aussi dans son féminisme réactif face à son père puis militant lors des plus grandes bagarres de la fin des années 70 et durant les années.80. Remarquées par Nicole Questiaux, ministre de la condition féminine en 1981 qui avait souhaité qu’elle devint son Chef de Cabinet. Mais Ségolène fit un autre choix. Apprendre était à ce moment là son viatique. Aujourd'hui est venu le temps de l'action pour tous. C'est la force du Désir d'Avenir.

Marc Ayral ©

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