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02/11/2006

Seul le score final compte!

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En réponse au post du blog RAG 34 intitulé : "Mme Royal et la démocratie d'opinion"

Déjà dit, le résultat qui compte c'est celui du panneau d'affichage lorsque la fin de la partie a été sifflée, le reste on est d'accord, n'est que conjecture. Rendez-vous vers le 17/11. Ok?
Quand à la démocratie participative, tout a été dit sur le sujet, déformer les propos de Ségolène Royal semble être le grand sport national de politicards mal intentionnés, voici donc la position exacte de SR exprimée à plusieurs reprises sur le sujet dont déjà le 20 août à Frangy :

S’appuyer sur la démocratie participative :

« Cela passe aussi par une démocratie participative qui élargira la consultation des citoyens, leur pouvoir d’initiative et de décision, notamment par referendum d’initiative populaire et par ce referendum que nous organiserons (…) pour mettre en place une grande réforme institutionnelle.
Je crois à la capacité d’expertise des citoyens. Certains se sont moqués de cette idée de « citoyens experts » mais je suis convaincue que chacun d’entre nous est le mieux à même de connaître et d’exprimer ses problèmes, ses attentes et ses espérances, sans pour autant se fermer au point de vue de l’autre. Si beaucoup de Français s’abstiennent, ce n’est pas de gaieté de cœur ou par indifférence, c’est parce qu’ils se sentent tenus à l’écart et n’ont plus le sentiment de pouvoir influer. Pour avoir envie de s’impliquer, il faut que la prise de parole ait des chances de peser. De plus en plus, nous ne reconnaissons de réelle légitimité qu’aux décisions auxquelles nous avons été associés.
C’est cela, la démocratie participative : écouter pour agir juste, construire ensemble de meilleures décisions et rendre des comptes. Plus les gens y seront associés, plus les réformes seront solides. »


Fête de la Rose de Frangy en Bresse, 20 août 2006

Marc Ayral ©

Commentaires

elle mange une glace sur la photo?

Écrit par : pierrot le zygo | 02/11/2006

La meilleure des réponses est de venir en masse au Grau du Roi.
Pour cela il faut que sur ton blogs, nous ayons le même appel, avec le même plan .
Salutations
marc

Écrit par : Midi"canard" | 02/11/2006

Démocratie participative : "Deux ou trois choses que je sais d'elle..."

Michel Charzat : "Deux ou trois choses que je sais d'elle..."
Tribune publiée par Michel Charzat, député de Paris et maire du XXe arrondissement, dans Le Figaro du 31 octobre 2006.

Je veux parler, tout le monde l'aura compris, de la démocratie participative... Car j'ai ouï dire que l'une des candidates à la candidature la brandissait comme une sorte de martingale.

Maire du XXe, ce quartier populaire de Paris où, depuis 1995, s'est mise en mouvement une stratégie de participation des citoyens à la vie locale qui fait école, je me sens le droit d'apporter quelques réflexions à ce débat devenu fracassant.

La démocratie participative peut enrichir, stimuler, contrôler l'action publique. Elle intime à l'élu de ne pas se contenter du suffrage universel tous les cinq ou six ans. Elle le force à la clarté, notamment à rappeler la répartition des responsabilités. Je sais combien notre démocratie, la « grande », peut puiser dans la « petite », participative, le sang neuf qu'elle attend. L'élu régulièrement remué par son territoire, voila qui milite pour un mandat unique, tenu sous une saine pression. Le partage des connaissances de la chose publique, c'est une condition de la « bonne gouvernance » à une échelle humaine.

Mais on ne gagne pas à tous les coups au jeu de la démocratie participative sans en fixer quelques règles et quelques limites. Elle appelle une forme, renouvelée et exigeante, de culture démocratique qui donne à de nouvelles instances les moyens effectifs d'une autonomie vis-à-vis de la collectivité administrée, qui ouvre à la population des dossiers qu'ailleurs, justement ou injustement, on fermerait. Elle exige du temps, beaucoup de temps : on n'expédie pas les citoyens dans les terres arides d'un budget participatif ou sur la sellette d'un comité de pilotage de quartier en quelques semaines, mais en quelques années d'apprentissage. La différence entre la foule et l'agora, c'est une opinion formée parce qu'informée. Je fais le pari que ces citoyens-là regarderont leurs élus avec plus d'exigence et de tolérance, parce qu'ils auront appris ce que la gestion des affaires de la cité a de compliqué, d'ingrat parfois. Je fais le pari que c'est avec ces citoyens-là que nous devrons écrire le chapitre suivant de la démocratie participative.

La démocratie participative me fait aussi penser au travail de l'humble rempailleuse, au travail de ravaudage de la mère de Péguy. Elle n'est pas belle comme l'antique ou séduisante comme un outil de marketing. Dans le XXe, elle est l'oeuvre quotidienne de conseils de quartier, de conseillers bénévoles qui élisent leur président, gèrent un budget propre, partagent des décisions sur leur aire géographique, peuvent susciter des référendums locaux. Je parle de ces citoyens qui demandent telle ou telle formation à la gestion des affaires publiques. Je parle de crèches et de trajets de bus, d'aménager une place et de bâtir le budget d'un arrondissement de 200 000 âmes.

La démocratie participative, c'est également des élus qui affirment que leur honneur est de servir les citoyens et non d'être asservis à la multitude. Stimuler l'appétit démocratique : évidemment. Mais flatter les intérêts locaux, certainement pas ! La démocratie participative fait surgir des revendications qu'il s'agit d'arbitrer et non d'additionner. Elle engendre sa propre perversion si l'on y recourt comme à une passerelle consumériste entre la satisfaction de clientèles et de communautés et l'assise électorale de l'élu. Dès lors se pose le problème crucial de la distinction entre participation et décision : la démocratie participative ne doit pas exonérer l'élu de sa mission fondamentale, le risque, l'intuition, le choix d'un cap politique malgré les grains prévisibles, notamment dans l'opinion. Cette éthique de la responsabilité, je ne l'ai jamais cachée aux habitants du XXe.

À ces conditions de bon sens républicain, la démocratie participative constitue un instrument irremplaçable de revitalisation de l'esprit public, une école de la démocratie du possible. Elle est un chemin mais pas une destination. Une méthode mais pas un projet de société.

Ses limites sont d'abord spatiales. Je ne crois pas qu'on puisse, par un jeu d'analogie, projeter le local en global, le régional en national. Le citoyen devenu expert en aménagement urbain n'est pas pour autant expert en prolifération nucléaire. La classe politique française s'est trop souvent défaussée de ses responsabilités au nom de la contrainte extérieure et de la construction européenne. On peut en mesurer, scrutin après scrutin, les conséquences. Faudrait-il maintenant qu'elle se contente de susciter la remontée des désirs en se défaussant sur le local paré de toutes les vertus ? Qu'elle fasse de l'opinion la reine de tous les jours ? J'aggrave mon cas : je persiste à penser que le politique doit oser une réflexion globale sur des enjeux globaux et non attendre de la synthèse des attentes locales qu'elle la lui délivre. C'est même l'éminente dignité du politique... Qu'il puise inspiration et conseils au plus près, c'est aussi sa tâche. Qu'il le fasse au-delà du cercle des « importants » d'Alain ou des « bullocrates » de Jean-François Kahn, c'est son honneur. Mais c'est de lui que doivent procéder la proposition et la décision.

Soyons lucides : la démocratie participative n'implique qu'une minorité des citoyens. Onze années de terrain me permettent de situer entre 2 et 4 % le pourcentage de personnes prêtes à s'impliquer. Encore convient-il de brasser cette population engagée sous peine de créer une caste de spécialistes de la gestion locale. Aussi avais-je, dès 1995, instauré dans les conseils de quartier du XXe, un collège de conseillers tirés au sort sur les listes électorales. L'expérience est concluante. Autant je pense nécessaire d'inventer en permanence de nouvelles façons d'associer et d'impliquer la population, de développer son contrôle, autant je m'interroge sur la démarche tendant à s'appuyer sur la méfiance des citoyens à l'égard des élus de la République.

Dans cette perspective, je suis interloqué par l'idée de Ségolène Royal consistant à créer des jurys chargés de surveiller l'action des élus. La démocratie participative n'est pas la démocratie d'opinion, encore moins la démocratie populaire. L'élection présidentielle ne doit pas ouvrir la boîte de Pandore du populisme.

Aristote enseignait que les personnels politiques devaient opérer une forme particulière de sacrifice pour être pleinement convoqués dans le to megalon (« le grand »). La démocratie participative telle que je la conçois, au service du projet républicain et laïc, peut réapprendre aux politiques qu'il leur faudra bien, un jour, se sacrifier à nouveau à une cause plus grande qu'eux-mêmes. Le plus tôt sera le mieux. Et 2007 n'est-elle pas l'échéance qui s'impose tout autant qu'elle en impose ?
http://lrassemblezagauche.midiblogs.com/archive/2006/11/03/democratie-participative-deux-ou-trois-choses-que-je-sais-d.html

RAG 34. Lolo34

Écrit par : Les lolo's 34 | 03/11/2006

Cher camarade,

Tu développes longuement et avec de bons exemples, les bienfaits de la démocratie participative.

Certes! mais que Ségolène passe... et ta démocratie est réduite à zéro compte tenu de son vote favorable à une Europe dont la concurrence a failli "être libre et non faussée!" et même en matière sociale!

Aujourd'hui, elle souhaite une Constitution européenne prenant "seulement" en compte les titres I et II, et fait l'impasse, sans risques pour elle, du titre III .

Puisqu'elle aime autant la Démocratie, qu'elle soumette, d'abord, les titres I et II aux parlementaires issus du peuple puis les fasse ratifier par référendum par le même peuple!

Alors oui, elle portera la parole et la volonté des francais en Europe.

Partant de là, car solidement défendue contre cet ultra- libéralisme Européen, ta démocratie participative pourra s'épanouir en France et servir de modèle structurant.

Écrit par : jean-clément Beck | 10/11/2006

Cher camarade,

Tu développes longuement et avec de bons exemples, les bienfaits de la démocratie participative.

Certes! mais que Ségolène passe... et ta démocratie est réduite à zéro compte tenu de son vote favorable à une Europe dont la concurrence a failli "être libre et non faussée!" et même en matière sociale!

Aujourd'hui, elle souhaite une Constitution européenne prenant "seulement" en compte les titres I et II, et fait l'impasse, sans risques pour elle, du titre III .

Puisqu'elle aime autant la Démocratie, qu'elle soumette, d'abord, les titres I et II aux parlementaires issus du peuple puis les fasse ratifier par référendum par le même peuple!

Alors oui, elle portera la parole et la volonté des francais en Europe.

Partant de là, car solidement défendue contre cet ultra- libéralisme Européen, ta démocratie participative pourra s'épanouir en France et servir de modèle structurant.

Écrit par : jean-clément Beck | 10/11/2006

Bonjour Jean-Clément,
Réaction à chaud que je complèterai ensuite. Rassure-moi, tu n'es pas pour une "concurrence libre et non-faussée"?
A bientôt de te lire.

Écrit par : Marc Ayral | 11/11/2006

La position en quelques lignes sur le Traité Européen de Ségolène Royal, je l'a fait mienne et je constate qu'encore les fabiusiens déforment ses propos.

« Une réforme institutionnelle permettant à l’Europe de fonctionner à 27 est nécessaire »

« Le traité est caduc. Une réforme institutionnelle permettant à l’Europe de fonctionner à 27 est nécessaire. Chacun sait bien, toutefois, que ni les Français ni les Néerlandais ne revoteront sur le traité constitutionnel (…). L’idéal serait : réussir l’Europe par la preuve, (puis lancer) un débat sur les objectifs de l’Europe sous présidence allemande (…). La présidence française lancerait une convention chargée de rédiger le texte de la réforme institutionnelle qui serait présenté aux peuples, le même jour, suivant la procédure que chaque pays aura choisie. »
« L’Europe par la preuve », Conférence de presse du 11 octobre 2006 à l’Assemblée nationale

Écrit par : Marc Ayral | 11/11/2006

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