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15/08/2009

Eglise Russe de Sylvanès : Exposition photographique du Frère Jean

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L’église russe de Sylvanès abrite depuis quelques semaines une exposition photographique étonnante en de nombreux aspects. Son auteur d’abord, Frère Jean, moine orthodoxe, fondateur  en 1996 du monastère « Skite Ste Foy » sur les ruines d’une ancienne ferme cévenole accrochée aux flanc des montagnes de Saint Julien des Points en Lozère. « En un pas » comme il dit, alors qu’il était en reportage photographique au Mont Athos, le journaliste qu’il était s’est « engagé pour donné un sens à son existence ». Proche de grand artistes, comme Rudolf Noureiev, Jean-Louis Barrault notamment, il rompt à la trentaine avec sa vie d’alors basée sur la recherche d’un bonheur futile : argent et confort. Douloureuse, la rupture pour sa compagne et sa famille, la révélation le transporte dans toute l’acception du mot : mystique et vers le Mont Athos où son parcours initiatique débute. Il y connaît la rudesse de l’apprentissage, son long « pèlerinage intérieur » occulte longtemps l’art photographique. Revenu en France pour construire avec l’aide de la Fraternité St Martin le monastère orthodoxe Ste Foy. La beauté du lieu, l’amène, lui le jardinier, l’écrivain, l’homme de Dieu à retrouver son moyen d’expression originel, la photographie. Il y a à peine 6 ans, Frère Joseph, lui offre un petit appareil numérique d’un prix modique. D’abord, enclin à travailler sur l’expression des visages, il trouve dans la nature qui l’entoure une source d’inspiration inépuisable. Ses photos semblent, de prime abord, redondantes. En fait il n’en est rien. Une porte, prise 100 fois à différents moments de l’année, de la journée sur le même angle n’est pas une répétition mais ce qu’il qualifie de « l’ineffable ».

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Un bourgeon, une châtaigne, un coquelicot, une croix lorsqu’on lui dit vous êtes un photographe naturaliste, il réfute, cela l’enfermerait dans un carcan. Frère Jean précise : « La photographie, par une écriture de lumière, exprime ce que je ne peux pas dire avec les mots. Par exemple une branche nue, un fruit, l’automne, l’hiver décrit mieux la réalité qu’une longue réponse à la question : Qu’est ce que la vérité ? »

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Ses photographies accrochées aux cimaises de l’église à vocation œcuménique voulu par le Père dominicain André Gouzes sont encore un symbole du rapprochement des religions. Mais ici loin de la pesanteur picturale , l’œuvre est généreuse. Le lien est fort avec le lieu et ce que défend le dominicain. Comme la musique qui est l’un des moyens d’expression d’André. Ne dit-il pas d’ailleurs : « Celui qui ne donne pas se durcit, il est déraciné. Manquant de générosité sa musique névrosante le rend névrosé…La musique n’est jamais assez légère… » Et citant Peguy : « Il faut devenir poreux à la Grâce » dans son sourire lumineux il invite les amis de Sylvanès, au sens large, à venir découvrir le travail de « son Frère ». Le vernissage de l’expo amenant les invités dans le cloître du Musée Zamoysky autour du verre de l’Amitié et est-ce encore un symbole de générosité et d’ouverture à la dégustation d’une charcuterie locale et de lokoum délicieux?

 

Exposition du Frère Jean jusqu’au 30 septembre.

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