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21/08/2009

Du Shetl à New York

Sylvan-s - Du Shetl - NY.JPG

 

Chaque samedi, chaque dimanche ; principaux jours durant lesquels sont programmés les concerts du Festival de Sylvanès, le critique –du-genre-qui-cherche-la petite-bête- attend la faille. Histoire d’avoir à proclamer, doctement un avis acerbe. Jour après jour, assidûment, il espère avoir son jus de citron à déverser. Jusque là, se dit-il à regret, « beau programme ». Mais ce soir, il est sûr que la programmation lui permettra d’être –enfin- désagréable. Que voulez-vous, le critique, a le plaisir quelquefois bien racorni ! Le pisse-vinaigre en sera pour ces frais. Soirée chaude, mosquitos virevoltant autour des projecteurs. Une clarinette pousse le son d’une musique venu des faubourgs de Varsovie, de Prague : du Shetl (le village) à la Grosse pomme (New-York). Encouragé par son ami le cymbalium, les violons aux sanglots longs de leurs slaves  attitudes, accompagnent la gutturale langue yiddish. Ah le bel idiome que le Yiddish ! Chantant ! Il est à l’allemand ce que l’argot gitan de Figuerolles et à l’occitan de Montpellier. Populaire et imagé. Le cloître sylvanésien est donc entouré de bras musicaux venus de l’Est. De légers claquements venus des coulisses, une silhouette habillée dans une robe rouge monte sur scène. C’est Isabelle Georges qui vient rejoindre le Sirba Octet. « My funny Valentine”, c’est Broadway! “Beimir” c’est le Berlin de Cabaret… Richard Schmoucler au violon, Laurent Boukobza au piano, le cœur de l’octet, la clarinette, de Philippe Berrod, Christian Brière le deuxième violon, Bernard Cazauran à la contrebasse, David Gaillard au violon alto, Iurie Morar au cymbalum sans oublier en alternance les violoncellistes Laurence Allalah et Claude Giron. Tous, pour le moins ont le Yiddish flair, pratiquant un « klezmer »,(instrument de chant) qui retrace les migrations des peuples juifs d’Europe Centrale vers le nouveau monde. Tradition, jazz et cabaret sont interprétés par le Sirba Octet et une Isabelle Georges dont le « reboussier » me permettra de dire, au moins, qu’elle sait superbement chanter, danser et jouer des claquettes. Le public de la Prairie du Cloître sous le charme a répondu avec enthousiasme aux interprétations des 9 artistes. Notre littérateur au vitriole n’a plus qu’à se taire. Tant mieux !

 

Photo : Isabelle Georges et Bernard Cazauran dans « My Funny valentine »

 

Marc Ayral

 

 

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