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30/08/2009

Polyphonies Basques à Sylvanès

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L’ultime concert du 32ième festival était consacré aux polyphonies basques de l’Ensemble Lurra. Son créateur, Jordi Freixa, a souhaité dépouiller le chant basque de son folklorisme : « Loin de la caricature d’homme coiffés de bérets rouges chantant fort » a t-il plaisanté. En effet, les chanteurs de cet octuor – en basque Otxote- sont tous des professionnels de l’art lyrique ayant tous une formation classique. Le programme proposé « du sacré au traditionnel », comme lors du récital des géorgiens de l’Ensemble Simi, a permis d’entendre toute l’étendue du talent de Pierre Rousseau, ténor, Thierry Tregan, ténor, Erwan Gallacier, ténor, Pierre Vanhoenackère, basse, José Etchévarria, baryton, Patrice Oberling basse et Jean-Christophe Picouleau baryton. Le nom de leur ensemble « Lurra » -la terre- donne la direction de l’expression artistique qu’il souhaitent donner : Le terroir musical comme viatique. Leur répertoire tout en nuance transmet une impression de grande nostalgie. Loin des chants de 3ième mi-temps biarrots, la subtilité, les couleurs et les nuances confèrent à ce chœur d’hommes une dimension universelle. La preuve en étant administrée de par les origines de diverses provinces de France pour sept choristes sur neuf de l’Otxote Lurra. En cela, c’est bien l’objectif des neuf artistes dont leur chef de chœur Jordi Freixa indiquait : «De nos 3 attachements basques traditions, culture et langue nous puisons pour exprimer l’âme basque ». Ainsi devant 650 spectateurs de l’abbatiale, les sonorités basques « a capella » jaillirent pour tirer un trait rouge-vert-blanc sur le 32ième festival. Vive le 33ième !

 

 

 

Marc Ayral

Sylvanès : Récital de la Masterclass

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Comme le veut la tradition, en fin de Festival, le scriptorium accueillait ce samedi les chanteuses et chanteurs de la masterclass de

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l’Atelier Lyrique de Sylvanès pour un récital en forme de « grand oral ». Six jours à répéter, à remettre en cause ses postures, à amender

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sa technique. Dirigé par Michel Wolkowitsky devenu « rééducateur de la voix », assisté de François Cot kinésithérapeute et praticien de

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la méthode initiée par le Professeur Moshe Feldenkrais et qui consiste à une plus grande fluidité dans le mouvement des yeux, une

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meilleure rotation de la tête, un changement dans la distribution des pressions sur la plante des pieds, la réduction des tensions

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intercostales, l’aboutissement des schémas musculaires permettant une position debout harmonieuse. Du travail donc !De la méthode

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aussi, mais pas seulement ! Car l’art lyrique ne peut se contenter d’appliquer des acquisitions fût-elles complexes. L’interprétation aura été

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aussi au menu des stagiaires. Le « faire passer l’émotion », le « quitte la partition et joue », le « prend du plaisir » et enfin le « ça ne fait rien ont été les messages passés durant toute la semaine par Michel Wolkowitsky. Ce

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si tu te trompes, recommence et aime ce que tu fais »

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concert a permis d’associer débutants et professionnels en devenir et confirmés. L’hétérogénéité des niveaux n’a pas gêné le public assidu des

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spectacle de l’Aletier d’Art Lyrique, comme l’a dit l’animateur lors d’une erreur de l’une de ses élèves : « Allez, reprend, ne t’inquiète pas nous Cela n’a, donc, pas empêcher les mélomanes de goûter à leur plaisir. D’autant que du côté pianistique Eric Laur et

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sommes entre amis… »

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Christine Lajarrije faisaient montre d’une grande souplesse dans leurs accompagnements respectifs. Les moments forts de la soirée portés par

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Pascale Munuera et Roger Pujol dans le « Duo du Clair de Lune » de Massenet puis le magnifique « Air d’Elvire » de Bellini interprété par Emilie

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Boudeau soulevèrent le public d’émotion. Le tour de chant pris fin après le trio composé de Delphine Megret, Fanny Constans et Lucie Balosso-

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Bardin qui chantèrent « Matinée d’été » également de Massenet. Les duos et solos s’enchaînèrent interprétés par Chistine Dargent, Olivia Del

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Pino-Parisot, Sarah Jegou, Jérôme Lordon, Alban, Marie-Laure et Roselyne Martel, Isabelle Ribet et Guy Vourey. Un groupe de chanteuses et

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chanteurs que le public pourra retrouver pour le prochain récital de l’Atelier Lyrique en Novembre. Nous y serons !

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Texte et photos : Marc Ayral

29/08/2009

Récital des stagiaires de la Masterclass

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Le scriptorium de l’abbaye de Sylvanès s’emplit en ce mardi pluvieux des voix des élèves de la Masterclass qu’anime Michel Wolkowisky. Trivialement, on pourrait dire qu’il est au four et au moulin. Diriger le festival qui s’achève dimanche (30 août), chanter comme baryton, cela a été le cas lors de la présentation de l’Oratorio d’André Gouzes le 13 août. Mais l’homme de passion montre à l’occasion de cet atelier vocal sa facette de pédagogue. Les élèves, amateurs éclairés ou professionnels confirmés sont accompagnés, quel luxe par deux pianistes magnifiques : Eric Laur et Christine Lajarrige . Cette dernière ayant, durant le festival, avec Jamal Moqadem fait montre de son talent dans « An American Night ». Du doigté pianistique, mais aussi de la part du coach.  Car une Masterclass est bien sûr un moment d’apprentissage, mais c’est aussi un temps où des messages courts des domaines techniques ou comportementaux sont énoncés. « La sécurité c’est la colonne d’air » ou « Le texte d’une une mélodie doit être compris par les spectateurs, pour l’opéra c’est moins sûr… » Ou encore : « votre voix doit sortir comme le han ou le souffle de la jouissance ! » Langage imagé, incitation, encouragement, réconfort sont les outils du manager vocal. Michel Wolkowisky sait de quoi il parle. Cela lui paraît une évidence : « Mais c’est mon métier, je l’exerce depuis près de 35 ans ». Face à lui ses élèves réagissent comme le sportif face à l’entraîneur. Ils écoutent, répètent le morceau difficile, se trompent, recommencent et réussissent enfin sous les applaudissements des autres chanteurs. La position du regard : « Quitte ta partition, regarde devant toi, ton menton vers le bas bloque ta voix » Ainsi, chaque élève rectifie sa posture, intègre une nouvelle consigne. Les dix élèves présents ce soir là  préparent le récital qu’ils présentent Samedi 29 août à 21 au Scriptorium de l’Abbaye de Sylvanès. Nul doute que parents, amis, mélomanes ou simplement visiteurs curieux auront envie d’écouter un programme éclectique que leur ont préparé maître, pianistes et élèves. A ne pas manquer. Entrée libre.

 

 

Marc Ayral

23/08/2009

La St Louis : "LA" fête de Sète, "LA" fête des Joutes!

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La Fête de la St Louis à Sète, c'est comme la Féria de Béziers ou de Nîmes, les fêtes de Bayonne : Traditions, musiques, nuits sans fin ou jours sans début comme on veut. Bar à quai...Bandas, hautbois languedociens, quartiers en joie et en bouillonement, le cadre royal (photo ci-dessus) où se massent 15.000 spectateurs de la veille -pour réserver sa place- au lendemain vers 20h00 -21h00, selon la longeur des passes, l'adresse, la robustesse, la ruse des jouteurs. Si vous passez par le Pays de Thau ce lundi 24 août, vous devez sans faute allez voir le "GRAND TOURNOI DE JOUTE DE LA ST LOUIS DE SETE". Véritable championnat du monde  de Joutes nautiques. C'est là qu'il faudra être. Sétois contre frontignanais (on dit les ventres bleus, mézois, contre agathois (venus par la plage...) et tous les autres venus de si loin... : Bouzigues, Balaruc, Palavas, le Grau du Roi, Béziers, Valras, Marseillan.
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Les sétois doivent gagner sinon en général ils rentrent au travail le lendemain avec comme une arête de daurade en travers du gosier! Alors leur espoir se tourne souvent depuis bientôt dix ans vers leur super champion : Aurélien Evangelisti 6 fois vainqueur.
 
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Force et puissance et Sébastien Abellan style et classe (1 fois vainqueur), le jouteur fin et tactique. En face d'eux, il y a les frontignanais et les autres. Mais comme je suis sétois et chauvin, aujourd'hui, j'ai oublié leurs noms. Vous n'avez qu'à aller voir. Soutenez les sétois, discrètement d'abord, parce si vous êtes dans la tribune "Est" vous ne tiendrez pas 30 secondes, c'est celle des "Ventres Bleus". Ils n'aiment pas la provocation. A moins que vous ayez chaud et que vous souhaitiez absolument goûter l'eau du canal? A vous de voir. En tout cas, soyez là!
Marc Ayral

Splendeur de la musique française sacrée

 

Dimanche 23 août, avant-dernier rendez-vous musical

 du Festival de l’Abbaye de Sylvanès  avec à 17 h trois

 chefs-d’œuvre de musique française sacrée et à 21 h,

une escale sur l’île de beauté avec la magie intemporelle

 des voix corses.

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Dès 17 h en l’abbatiale, le programme sera bien chargé en émotions avec les compositions des sœurs Boulanger et du compositeur virtuose André Caplet. Nadia Boulanger, compositrice et chef d’orchestre, a particulièrement œuvré à la diffusion des œuvres de sa sœur Lili, décédée trop jeune à l’âge de 24 ans. Le touchant mais, hélas méconnu, Pie Jesu, composé en 1918, témoigne d’une sensibilité et d’une douceur remarquable. Cette pièce offre une émouvante union de tendresse et d’affliction, comme l’œuvre de Nadia Boulanger, Lux Aeterna.

Le Miroir de Jésus, triptyque sur les poèmes d’Henri Ghéon, mis en musique par le grand compositeur français André Caplet en 1923, se révèle d’une très grande sobriété dans l’écriture tout comme dans l’effectif instrumental, mais réclame tout le talent des interprètes ; le Quatuor Debussy, le Chœur Britten, Christophe Truant à la harpe et la soprano Françoise Masset relèvent le défi avec brio.

Le renommé Quatuor Debussy diffuse les chefs-d’œuvre des compositeurs français et de ceux injustement oubliés auprès du public. Ouvert à toutes les influences, ce groupe surprend par l’énergie de ses mélanges de formes et d’univers artistiques qu’il exécute. Dans le même esprit, mais à effectif plus nombreux, le Chœur Britten, composé de douze chanteuses, défend les musiques nouvelles et les œuvres peu entendues. Elles interprètent les compositions à voix égales, sans discontinuité dans les styles et les époques. Ces deux formations vont être soutenues par la voix soprano de Françoise Masset et la harpe de Christophe Truant.

 

Le repas du festival de 19 h (sur réservation) permettra à chacun et chacune d’échanger les impressions de cette première partie de soirée, avant de se poser, dès 21 h, sous les étoiles dans l’aire du cloître pour un programme de musique et chants corses.

Les quatre chanteurs et musiciens de Sarocchi offriront un répertoire d’une grande authenticité : chants polyphoniques, monodies souvent accompagnées d’instruments traditionnels ainsi que des pièces instrumentales. Ces talentueux artistes proposent une étonnante relecture des fonds musicaux, des collectages de l’Ile de Beauté auxquelles s’y ajoutent des créations et adaptations personnelles, toujours dans un esprit traditionnel.

Encore une soirée pleine d’authenticité et de subtilité offerte ce dimanche à l’Abbaye de Sylvanès !

 

>>> Tarifs 17 h : 23 € (plein) / 20 € (réduit) /

Tarifs 21 h : 20 € (plein) /16 € (réduit) / gratuit - de 13 ans

Forfaits 2 concerts du 23/08 : 40 € /36 €.

Repas sur réservation : 13 €

 

Dimanche 30 août :  Concert de polyphonies basques, marché nocturne du terroir à 19 h suivi d’un bal traditionnel occitan

Pour clôturer sa 32e édition « L’Harmonie des Peuples : du sacré au traditionnel », le Festival propose un concert de polyphonies basques avec l’Ensemble Otxote Lurra à 17 h en l’abbatiale. A l’issue du concert, le public est invité à venir déguster les spécialités des producteurs locaux du Sud-Aveyron : grillades, frites, pascades, farçous, escargots, roquefort, pains variés, confitures… A consommer sans modération pour cette dernière soirée estivale qui s’achèvera par un bal traditionnel sur le parvis de l’abbatiale animé par le groupe La Solenca (entrée libre)…

 

Renseignements, réservations : 05 65 98 20 20  www.sylvanes.com

22/08/2009

65ième anniversaire du massacre des 23 Résistants du Maquis Paul Claie

Le devoir de mémoire n'est pas un vain mot en Sud-Aveyron. Depuis 64 ans, le martyr des 23 résistants du Maquis Paul Claie et la mort du pilote américain abattu le même jour par la défense anti-aérienne nazie sont commémorés à La Pezade sur le Larzac. Une foule nombreuse, est venue assister et participer à l'office oécuménique et la cérémonie patriotique marqués par l"émotion et le recueillement. Les orateurs, ont rappelé le contexte historique, l"engagement des hommes du "Paul Claie" et les valeurs et les enseignements à retirer de ce sacrifice.

Reportage photographique :

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 Les élus, le sous'préfets et le consul américain pour le Sud-Ouest.

 

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Jean Bacci, président de l'Amicle des Anciens du Maquis Paul Claie.
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En hommage au pilote américain...
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Les sept anciens du Maquis Paul Claie sur les 15 "survivants" comme l'a dit Jean Bacci avec émotion.
Marc Ayral

21/08/2009

Du Shetl à New York

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Chaque samedi, chaque dimanche ; principaux jours durant lesquels sont programmés les concerts du Festival de Sylvanès, le critique –du-genre-qui-cherche-la petite-bête- attend la faille. Histoire d’avoir à proclamer, doctement un avis acerbe. Jour après jour, assidûment, il espère avoir son jus de citron à déverser. Jusque là, se dit-il à regret, « beau programme ». Mais ce soir, il est sûr que la programmation lui permettra d’être –enfin- désagréable. Que voulez-vous, le critique, a le plaisir quelquefois bien racorni ! Le pisse-vinaigre en sera pour ces frais. Soirée chaude, mosquitos virevoltant autour des projecteurs. Une clarinette pousse le son d’une musique venu des faubourgs de Varsovie, de Prague : du Shetl (le village) à la Grosse pomme (New-York). Encouragé par son ami le cymbalium, les violons aux sanglots longs de leurs slaves  attitudes, accompagnent la gutturale langue yiddish. Ah le bel idiome que le Yiddish ! Chantant ! Il est à l’allemand ce que l’argot gitan de Figuerolles et à l’occitan de Montpellier. Populaire et imagé. Le cloître sylvanésien est donc entouré de bras musicaux venus de l’Est. De légers claquements venus des coulisses, une silhouette habillée dans une robe rouge monte sur scène. C’est Isabelle Georges qui vient rejoindre le Sirba Octet. « My funny Valentine”, c’est Broadway! “Beimir” c’est le Berlin de Cabaret… Richard Schmoucler au violon, Laurent Boukobza au piano, le cœur de l’octet, la clarinette, de Philippe Berrod, Christian Brière le deuxième violon, Bernard Cazauran à la contrebasse, David Gaillard au violon alto, Iurie Morar au cymbalum sans oublier en alternance les violoncellistes Laurence Allalah et Claude Giron. Tous, pour le moins ont le Yiddish flair, pratiquant un « klezmer »,(instrument de chant) qui retrace les migrations des peuples juifs d’Europe Centrale vers le nouveau monde. Tradition, jazz et cabaret sont interprétés par le Sirba Octet et une Isabelle Georges dont le « reboussier » me permettra de dire, au moins, qu’elle sait superbement chanter, danser et jouer des claquettes. Le public de la Prairie du Cloître sous le charme a répondu avec enthousiasme aux interprétations des 9 artistes. Notre littérateur au vitriole n’a plus qu’à se taire. Tant mieux !

 

Photo : Isabelle Georges et Bernard Cazauran dans « My Funny valentine »

 

Marc Ayral

 

 

18/08/2009

Stage à Sylvanès : Une passerelle entre le grégorien et le chant indien

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Sans déroger à sa vocation d’espace de dialogue et d’échange entre les cultures, le Centre International de Rencontres Culturelles et Musicales de l’Abbaye de Sylvanès organise du 17 au 22 août, un stage de chant grégorien et de chant classique de l’Inde. Le but étant de jeter un pont entre les cultures occidentales et celles orientales en faisant se côtoyer ces deux genres musicaux anciens et en comparant leurs techniques dans un souci d’enrichissement mutuel. Et c’est dans cet esprit, que ce stage propose aux 20 participants inscrits une approche de modes communs à ces deux musiques, traités toutefois différemment à l’aide d’exercices de perceptions des modes, des ornementations et des lignes mélodiques.Yvan Trunzler, spécialiste du chant Dhrupad, à l’origine musique dévotionnelle sacrée de temple, et Luis Barbán, référence incontournable du chant grégorien animent tous les deux ce stage.
Mercredi 19 août, à 21 h dans le scriptorium de l’Abbaye, ils proposent au public et à leurs stagiaires de partager un moment musical convivial avec au programme de la musique classique de l’Inde et également de la musique persane.
Participation Libre à ce concert

16/08/2009

An America Night

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Deux pianos Steinway installés sur une estrade. Raie de lumière jaune, décor minimaliste. Un club de jazz ? Non, en fait l’église sylvanésienne était le temps du duo de clavier de Christine Lajarrige et Jamal Moqadem vouée à un set à 2 fois 2 mains et à quatre mains “Parce qu’on s’entend bien » clama Christine Lajarrige pour servir des œuvres inspirés du blues, du ragtime du jazz. West Side Story de Léornard Bernstein dans des arrangements de John Musto, Concerto en fa de Georges Gershwin. Les partenaires dont la formation pourtant essentiellement classique trouvent, dans un traditionnel jeu de chant en réponse, une pureté pianistique faisant penser à Bill Evan dans Speak Low ou Thelonius Monk dans April in Paris. Rien à envier à la fragilité des 2 maîtres.  Un temps staccato, un temps phrasé, rythmé par de discrets débordements vocaux et des claquements de doigts. Le public composé de  mélomanes aurait presque pu, en souvenir de la belle Nathalie Wodd et du fringant Georges Chakiris, chanter et danser tels les «  sharks et le jets ». Ici pas de place pour la berceuse. N’oublions pas Sylvanès à son club de Jazz, en tout cas ce soir là ! Les partitions ne laissent pas de répit ni aux interprètes ni aux public. Mais pourquoi donc, ne frapperions nous pas des pieds ? Ou ne jouerions pas du « piano air » pour suivre ce prologue en allegro moderato ? Ont du se demander les 600 auditeurs de la soirée. Deux rappels très ovationnés par un public qui à coup sûr a dû se demander si Mc Coy Tyner et Martial Solal n’allaient pas passer par Sylvanès rejoindre ce superbe duo. Qui sait ? Peut-on le souffler à Michel Wolkowitsky ?

 

 

Sylvanès : Un Requiem Allemand

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Sylvanès : 120 choristes du Grand chœur du 32ième Festival, l’Ensemble orchestral Contrepoint, l’orchestre à cordes de Belgrade, le baryton-basse Jacques-Geg Belobo, la soprano Sandrine Eyglier autour de Michel Piquemal.
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Une œuvre composée de 7 mouvements : Un Requiem Allemand de Johannes Brahms. L’abbatiale emplie de 900 spectateurs. La chaleur. La lumière particulière de l’abbatiale. Des éventails qui s’agitent. Un geste ample de
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Michel Piquemal lance chœur, cordes et cuivres, scandés par des percussions puissantes pour un Requiem allemand de Brahms. Une heure cinquante minutes où les deux soli tour à tour surent servir dans leur tessiture respective une œuvre qui fut composé pour exprimer la douleur du maître lors des deuils de sa mère et son ami Scumann.
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Long ce Requiem est riche et varié dirait-on naïvement. Probablement, c’est ce qui fait l’originalité de cette pièce, très souvent jouée grâce à cela. Michel Piquemal a su transcender ses interprètes pour donner à l’ensemble la vision humaniste et sacrée que recherchait Brahms. « Dans cet admirable vaisseau roman » comme dit André Gouzes nuances et subtilités mais aussi forces et passions sont mis en valeur.
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Au Sud de l’Aveyron au bout de routes sinueuses, dans ce haut Languedoc Rouergat, si cette abbatiale avait pu contenir 3000 âmes, sans doute qu’elles auraient été toutes là pour ce moment singulier.