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26/08/2010

Piazzola n’est pas mort !

Non, Astor Piazzola n’est pas mort. La survivance de ses musiques lui assure la vie éternelle.

Piazzola n'est pas mort!.JPG

En ce lieu, Sylvanès presque millénaire, il y a des effets mystiques au delà de toutes les espérances humaines. S’asseoir sur un gradin « plein comme un œuf » –comme dit Brassens- et attendre sagement l’écoute d’une musique qu’on croit (a priori de béotien) souvent diffusée par la voie du trop ressassé « libertango » et découvrir un répertoire nuancé, riche, semblant vouloir faire de multiples emprunts au Jazz, au classique, à l’ethnique. En ignorant tout cela, cette musique se donne sa personnalité intrinsèque, quelle gageure ! Le quartet sur scène est amoureux, en tout bien tout honneur, il fait l’amour avec cette musique avec une ardente folie. Tantôt les longs sanglots du bandonéon jouant la singularité de la comédie humaine. On savait, au moins ça, que Piazzola avait quitté le tango folklorisant et touristique de son Argentine natale. Parcours sinueux et difficile pour lui, mais quel bonheur pour nous. Le don de l’amour dis-je ! Ses influences se sont construites aux Etats-Unis avec le saxophoniste baryton Gerry Mulligan lors du fameux et incontournable album de 1974 « Summit » puis plus tard en se frottant au génie du violoncelliste Rostropowitch. En cela, les 4 musiciens du Tang’Helios ont su tenir le rythme, la diversité d’un répertoire qui retrouve celui des musiques dites savantes. Le bandonéoniste Sébastien Authemayou, discret musicien, tout à son souffle diatonique donna le meilleur de son corps et de son cœur dans la danse de vie et de mort du tango piazzolien. Noël Cabrito dos Santos au violon, se consacrant à l’interprétation de sa rythmique et de ses dissonances raisonnées. Magnifique ! Piano et contrebasse jouant respectivement sous les doigts de Marielle Gars et Philippe Anselmino les frappes ou les caresses de cette musique construite sur le contraste. Une des dernières soirées sylvanésiennes rouge et noire comme le tango d’Astor Piazzola.

 

Photo : Le quartet Tang’Helios

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