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14/07/2011

Sylvanès : splendide et émouvant concert en l’abbatiale

Emilie Boudeau et Bertrand Dazin ont chanté Pergolèse, Bach et Purcell2.jpg

Loin des sempiternelles commémorations républicaines du 14 juillet, le festival de l’abbaye de Sylvanès proposait jeudi 14 juillet une soirée dédiée aux grands noms de la musique classique. Purcell, Bach et surtout Pergolèse étaient au rendez-vous, interprétés avec maestria par l’Ensemble Baroque de Toulouse et les solistes Emilie Boudeau et Bertrand Dazin.

Michel Brun, directeur de l’ensemble instrumental, a ouvert le concert par une interprétation gracieuse, fine et subtile de la fameuse Suite en Si pour Flûte de Jean-Sébastien Bach. Si le titre est parfois oublié par certains, tout le monde a en tête les premières notes du dernier mouvement de cette suite, la fameuse « Badinerie », bien connue de tous les flûtistes !

Rejoint ensuite par la soprano Emilie Boudeau, l’une des « perles » lyriques de Sylvanès, et l’alto Bertrand Dazin, l’ensemble Baroque proposait une exécution majestueuse de pièces d’Henry Purcell, compositeur anglais du 17e siècle. Avec passion ou avec fougue, allégrement ou tragiquement, ils ont interprété des extraits des opéras ou « masques » du plus grand compositeur baroque britannique. Un intermède non prévu - la rupture d’une corde du premier violon de l’Ensemble - a aussi permis au public de savourer un solo a capella de Bertrand Dazin qui s’est prêté au jeu de l’improvisation avec humour et brio !

Enfin, la pièce maîtresse de ce programme baroque, le célèbre Stabat Mater de Pergolèse, a été rendue dans toute sa splendeur par les artistes. Œuvre tragique, tant par son sujet que par les circonstances de sa composition (Pergolèse l’a terminée quelques semaines avant sa mort, à l’âge de 26 ans), ce Stabat  Mater est particulièrement représentatif du style de son compositeur. Les deux solistes et les six instrumentistes ont su exprimer avec force et intelligence les multiples couleurs qu’elle revêt. Leurs voix s’enlaçaient, se fuyaient, se retrouvaient dans de subtiles dissonances, portées par une marche rythmique douloureuse sous la direction précise et inspirée de Michel Brun. Les quelques 500 personnes du public présent ce soir là ont positivement été emportées dans les sphères merveilleuses de la musique sacrée et attendent avec impatience le retour de l’Ensemble baroque de Toulouse le 31 juillet prochain pour l’opéra Orfeo et Euridice de Gluck.

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