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24/08/2016

"De quoi Sarkozy est-il le nom?"

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Je viens de terminer la lecture de l'entretien du philosophe communiste (au sens idéologique, il n'est pas pas encarté, il l'a été autrefois au PSU) Alain Badiou dans la dernière livraison de Télérama (N°3476) et j'y ai lu avec intérêt (ce qui ne veut pas dire adhésion de ma part) le propos suivant faisant suite à la question de Télérama : "Comment appréhendez-vous l'année électorale qui s'annonce et le retour de Nicolas Sarkozy, auquel vous avez en 2007 consacré un violent pamphlet "De quoi Sarkozy est-il le nom?".

Alain Badiou : "Je ne vote pas depuis Juin 1968 et ne pense pas à mon âge rentrer dans le rang... Cela ne sert à rien. La consultation électorale n'est qu'une consultation interne à l'ordre établi, un arbitrage au sujet de quelques nuances concernant une même gestion des affaires. La Gauche continue exactement la même politique que la Droite. Or, on ne peut parler de démocratie quand il n'y a pas de choix véritable entre deux voies distinctes. Vous évoquez Sarkozy. On entre là dans mes allergies personnelles! Il doit y avoir chez moi un vieux fond de patriotisme non tout à fait liquidé, hérité de mon père résistant, qui fait que je n'aime pas qu'un chef d'Etat soit un voyou... Cependant, dans les faits, la politique de Hollande n'a pas été substantiellement différente de celle de Sarkozy. Hollande a même accéléré le démantèlement des conquêtes sociales passées. Il a des théoriciens à ses côtés, comme Macron, pour justifier cela au nom de la modernité. Ce qui est moderne pour lui, c'est le retour du XIXème siècle, au libéralisme, idéologie naturelle du capitalisme, qui n'aime ni les réglementations sociales, ni le droit du travail, ni les retraites. Cette idéologie a aujourd’hui les coudées franches, n'ayant aucun ennemi fort en face d'elle. Je propose de maintenir l'hypothèse de cet ennemi, le seul véritable : le communisme. Et de continuer à philosopher, puisque, dans deux millénaires, ce qui est l'échelle temporelle de la philosophie, absolument plus personne ne saura qui était Sarkozy, alors que nous savons parfaitement qui était Platon." Extrait de l'itw d'Alain Badiou parue dans le Télérama N° 3476.

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