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01/09/2017

A Sylvanès, comment chanter en bulgare à 11 voix ? Deux Milena répondent

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Milena Jeliazkova et Milena Roudeva toutes deux membres du quatuor les Balkanes qui s’est produit dimanche dernier lors de l’ultime concert du festival sont restées à Sylvanès ; certes, pour la beauté du lieu et le plaisir de prolonger les instants intenses d’un récital couronné de succès. Mais surtout parce qu’en réalité leur était donnée la responsabilité d’animer un stage d’initiation aux polyphonies bulgares.
Improbable, penserez-vous ? Pour des choristes amateurs de se lancer dans la complexité d’une langue, le bulgare, et qui plus est dans ce qui est reconnu, parmi les techniques vocales, comme très ardue, la polyphonie. Certes, le travail des deux Miléna est de construire les bases, d’apporter les fondamentaux. « La première chose à intégrer c’est que le chant traditionnel est un chant de communication, un chant horizontal, qui se projette vers l’avant » explique Milena (Mina) Jeliazkova. Chants de travail, chants de tous les jours ; comme dans toutes les civilisations le chant c’est d’abord parler fort pour se reconnaître ou se faire comprendre. « La sublimation du chant lyrique est venue plus tard dans l’histoire et peut se qualifier de chant vertical. Le chanteur doit paraître altier. » complète Milena Roudeva. Ceci étant, les stagiaires débutent et le premier jour, se confrontent à une dure réalité, la polyphonie. Chanter en chorus est simple, enfin presque ! « Mais chanter des voix différentes sur des rythmes impairs, tout en respectant mélodie et placement de voix et une autre affaire » explique Mina. Cet art du chant polyphonique s’apprend dans l’humilité, la patience et se perfectionne grâce à un travail de « longue haleine » insistent les professeurs. « Pour nous aussi, initier des débutants est un vrai travail pédagogique, où l’on se doit d’adapter nos méthodes aux élèves en fonction de leur niveau. La répétition en binôme devient alors une priorité.

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Car avant de chanter à 11 voix, il faut percevoir ce qu’est le travail à deux voix. Ecouter l’autre en chantant sa partie, c’est comme apprendre l’empathie. Donner, recevoir sans dévier ! » se passionne Mina. Rude combat de chanter à plusieurs, sévère discipline. Mais, Milena tempère avec son accent qui roule les « r », « c’est un petit bonheur que ressentiront, j’espère, les stagiaires au bout d’une semaine. Ils auront acquis les principes premiers, et appris cinq chants bulgares. » Celles qui se produisent partout en France et à l’étranger avec le Quatuor Balkanes apprécient ces pauses pédagogiques, car elles enrichissent leur recherche et favorisent l’échange. Toujours à plusieurs voix, mais ensemble !