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01/09/2001

Place du Truc, pas de machin !

Le « truc » de Balaruc vous connaissez ?
Cette question les Balarucois s’amusent à la poser aux « estrangièrs » venus d’au-delà de la Crique de l’Angle ou de La Gardiole. Cela n’a rien à voir avec un quelconque machin, un schmilblic, ou un bidule qu’un édile du passé, en mal de postérité aurait pu construire. Une sorte de pyramide d’un Louvre version balarucoise. Le « truc » est le fondement, la raison d’être de Balaruc le Vieux ! Les autochtones le côtoient, le foulent, l’admirent tous les jours. A sa façon, le « truc » est modeste. Il ne se fait pas remarquer ! Il est là, comme une évidence. A le voir, dressant sa carrure face au mistral, lézarder au soleil de « miègjorn », Il est pourtant suprême et dominateur, comme un vieux sage assis, observant près de son arbre, le temps s’écouler. Le « truc » est très loin d’une devinette malicieuse. Son nom il le doit aux ancêtres Balarucois qui l’ont repéré il y a plus de 2000 ans. Que virent les premiers arrivants à l’approche de celui-ci ? Une colline entre étang et Gardiole, placée idéalement pour veiller sur les trésors naturels qu’elle enserre comme dans un écrin. Des eaux poissonneuses, loups, anguilles, dorades, muges, des terres arables dues à la proximité de la Vène, un vaste domaine propice au développement de l’agriculture et de l’élevage. Le « truc » serait un gardien sûr. Il eurent raison d’y faire souche. Le « truc » le leur rendit au centuple. « Oui, Oui d’accord, mais c’est quoi le « truc », enfin ? » Interpelle l’impatient. En occitan « le truc » c’est une butte, une colline ou un sommet ! Tout s’explique, un promontoire, comme une vigie et des terroirs nourriciers ont conduit à la naissance sur le « truc » d’un village nommé Balaruc. Aujourd’hui, on peut admirer le coucher de soleil place du « Truc » «Al cop que vèn !»

10/08/2001

Rue du Pousadou, souvenir de la corvée d’eau !

Première d’une série consacrée aux rues et places de Balaruc le Vieux, la rue du Pousadou rappelle que notre village est languedocien. Ici, comme ailleurs, les anciens aimaient donner des noms d’usages ou de lieux en occitan.
La rue du Pousadou est peu banale. Comme une brèche tranchée dans les remparts du village, elle laisse envahir de l’air rude du vent du Nord, la place du jeu de ballon.
A à peine un jet de fronde les Collines de la Mourre surplombent de belles villas de Poussan. Par cette orientation, peut-être pourrait - ont s’imaginer que Pousadou a un lien avec la cité du cochon. Détrompez-vous ! Si l’on consulte l’incontournable étymologie occitane de Louis Alibert, nous sommes «sul camin de l’aiga». Car si la «posada» est l’eau puisée en une fois, le pousadou pourrait être une orthographe locale du «posador» qui n’est autre qu’un seau ou l’endroit d’une rivière où l’on puise. Ne sommes nous pas à quelques mètres du canal de l’Agau? Tenez, encore un mot de lieu typiquement balarucois ! Si cette tentative d’explication vous semble incomplète n’hésitez à nous communiquer la vôtre. «Al cop que vèn !»

La «Banquette» émergence de l’ancien port.

Comme tous les ans, en cette période de basses eaux, les vestiges du port de Balaruc le Vieux apparaissent à l’entrée de la Crique de l’Angle. Petit rappel historique d’un débarcadère vital pour Balaruc et les villages voisins.

Ces centaines de pierres de taille qui affleurent de l’eau saumâtre de la Crique de l’Angle évoquent à leur manière que Balaruc était le port indispensable du nord du Bassin de Thau jusqu’au XVIIIième siècle. Il est construit sur ou près des restes d’un bassin antique datant du VIIIième siécle avant Jésus Christ. L’histoire partielle de ce port fut d’ailleurs décrite par Albert Fabre dans son histoire de Balaruc paru en 1879. Ce qui l’évoque c’est la construction d’un nouvel ouvrage et l’arrêt de l’exploitation du port dit de «Carême». Ce dernier, ainsi nommé car «les barques qui s’y rendaient pour prendre chargement restaient un si long espace de temps à l’attendre, que les habitants disaient qu’elles y faisaient le carême. » Inadapté aux nécessités du transport du vin en provenance des villages de Poussan, Montbazin, les Cournons, Pignan, Fabrègues, Gigean et après maintes péripéties, qui faillirent mettre à mal le projet, en 1752 le nouveau port fut livré. Toujours selon Albert Fabre le procès-verbal établis par l’ingénieur Petit indique : «le bassin était encaissé dans des murs de maçonnerie de trois pans d’épaisseur (80cm) et à un pan et demi (35cm) en contre haut des mers basses, et que l’ensemble des travaux est complet. ».
Tous les étés on peut reconnaître ce bâti que les Balarucois appellent «La Banquette».

17/07/2001

Cécile Ragognetti : «Les Balarucois de 1226 la tentation du catharisme »

Cécile Ragognetti, fille du pays, fière de ses racines languedociennes évoque, à l’occasion des Médiévales de Balaruc le Vieux, un épisode fameux de l’histoire de son village.
Cécile Ragognetti a consacré un mémoire de Maîtrise à la Seigneurie de Balaruc à la fin du XIIème siècle.


"Les médiévales de Balaruc le Vieux sont une initiative très sympathique. Elles permettent de donner à réfléchir tout en s’amusant sur l’histoire - la vraie - de Balaruc le Vieux." De Vendredi à Dimanche, les visiteurs et les curieux imagineront durant trois jours la vie d’un village et les figures historiques qui le traversèrent :
Un seigneur, Gui Chef de Porc, accusé de catharisme par l’Evêque de Maguelonne. Un comte de Toulouse, Raimon VI, battu par le sanguinaire Simon de Monfort. Un pape Innocent III qui rend une justice de Salomon. Les protagonistes de ces événements vont ferrailler durant plus de trois ans avant un dénouement, en fait un compromis celui du Royaume de France. «Ce qui m’a attiré dans l’histoire que j’ai évoqué dans ce Mémoire c’est la mise en évidence de l’esprit frondeur des paysans languedociens vis à vis des féodaux. L’affaire de Balaruc, c’est le nom qu’on lui donne, est riche d’enseignement à ce sujet». En 1210, Raimon VI a cédé notre village et ses terres à notre Seigneur Balarucois, Gui Chef de Porc. Certainement pour bons et loyaux services ! La seconde croisade contraint Gui à rejoindre l’armée de son suzerain. Voilà notre Gui à nouveau sur les voies du catharisme ! Mais sentant l’aubaine pour récupérer cette Seigneurie l’Evêque de Maguelonne fait appel à la justice Papale pour évincer son principal ennemi.
«Les habitants dans cette guerre locale, ont une réaction de méfiance. Il préfèrent soutenir le Comte de Toulouse. «Après de maints rebondissements le Pape rend son verdict : A l’Evêque de Maguelonne, le Château, à Gui Chef de Porc, la Seigneurie.»
Finalement en 1237, l’épouse de Gui, Béatrix vend la Seigneurie de Balaruc au Roi d’Aragon.
L’Evêque de Maguelonne, tenace, dû, toutefois la lui racheter en 1244.
«Balaruc, notre petite cité durement acquise restera dans le domaine épiscopal jusqu’à la Révolution» précise Cécile. «Je retiens de cette étude, la méfiance des paysans de Balaruc envers leur seigneur Gui. Durant les années suivantes, il mèneront une lutte obstinée pour obtenir du seigneur-Evêque franchises et exemptions diverses. Je pense que les paysans du midi n’ont jamais accepté les contraintes féodales. Nos Médiévales Balarucoises s’enrichiront certainement en évoquant ce passé historique» conclut Cécile Ragognetti.