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29/01/2006

Les souvenirs de Marcel Franc

medium_blvx-marcel-franc1.jpgComme l’écrivait le poète malien Amadou Hampâté Bâ : « en Afrique, un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle. » C’est un peu cela que vient de vivre Balaruc le Vieux avec la disparition à 79 ans de Marcel Franc : mémoire locale, homme de terroir et de tradition.
Marcel Franc était l’un des sages détenteurs de l’âme balarucoise. Amoureux de la nature, passionné de pêche au loup, d’art plastique, il était sculpteur à ses heures, comme son neveu Buddy Di Rosa. Il y a 5 ans il était l’inspirateur des membres de l’association « le Truc » dans la création de l’animal totémique balarucois : le Muge. On se souvient de ses explications sur le sujet : « Balaruc le Vieux à deux racines profondément encrées dan son sol. L’une agricole et viticole l’autre maritime. A tel point qu’au Moyen-Âge le Seigneur du village, l’Evêque de Maguelonne, prélevait son impôt en nature. C’était le produit de la pêche qu’il affectionnait. Tous les poissons de l’étang de Thau, mais peut être plus particulièrement le muge. Ainsi, cette tradition, au fil des siècles perpétuée, donna l’idée, on ne sait quand, d’ériger le muge comme symbole héraldique du village. « Longtemps notre poisson fétiche fût visible au plus haut de la girouette au sommet du clocher » Marcel était balarucois de souche. Il ne tarissait pas d’anecdotes sur la vie locale : « Savez-vous comment s’appellent les Balarucois en occitan ? les enfangachs !Ce sont ceux qui extrayaient la boue de la Crique de l’Angle pour la vendre aux thermes voisins ! » Les enfangachs livraient la boue à leurs « faux cousins » les « banencs », habitants des Bains ! Marcel Franc, s’amusait beaucoup à évoquer de tels souvenirs, comme les bagarres – que lui racontaient les anciens – entre ceux du Vieux et ceux de Bains : « Des batailles homériques au bout de l’avenue des Bains à grands coups de frondes et d’empoignades viriles ».Marcel aimait son village au point d’espérer qu’un jour : « J’aimerai bien que le muge-girouette domine à nouveau le village » Peut-être, ce voeu sera exaucé ? Une pensée émue pour Marcel, toute notre amitié à son épouse Joséphine et à ses enfants et petits enfants.

Marc Ayral ©

22/08/2004

James Faulkner : Un américain à Balaruc le Vieux

« l’American way of life » d’un Balarucois d’adoption.
« Faulkner ? …Faulkner… ? Ah mais bien sûr, William Faulkner». Fouiller dans sa mémoire où les souvenirs scolaires s’estompent n’est pas chose aisée.


Avec un peu de chance et beaucoup d’effort –ou une bonne encyclopédie- peut-être se souviendra-t-on que William est l’auteur de la saga du comté de Yoknapatawpha écrite au fil de ses romans à commencer par « Sartoris ». Car c’est à partir de ce maillon que l’on peut établir la parenté de James Faulkner avec William le Prix Nobel de littérature 1949. James est l’arrière petit cousin de William. « Les deux branches de notre famille sont issues de l’Alabama. Une sombre histoire les a séparées, au moment de la guerre de sécession. De mon côté nous avons migré vers le Kentucky, Paducah exactement, du côté de William ces aïeux s’en sont allés au Mississippi. » Les destins des deux hommes, de souche commune, ne se croiseront pas. Même si notre balaruco-américain dit : « Je connais la fille de William, Gil. » On sent bien que le schisme familial est bien là ! « Nous étions des paysans. Les Faulkner du Mississippi étaient banquiers » Ne confondons pas, semble penser James. « Appelez-moi Jim ! » apostrophe-t-il ! Car l’homme est jovial, loin des méandres littéraires de son cousin. « Moi, voyez-vous, ce que j’apprécie par-dessus tout ce sont les réunions entre amis. Ici, cela a été difficile de s’intégrer. Le Languedocien est réservé même s’il paraît ouvert et volubile. Maintenant, Balaruc le Vieux m’a adopté et j’aime beaucoup ce village. » Fier d’être Balarucois en quelque sorte ! En tous cas fier d’être américain. A 82 ans, Jim avoue son patriotisme. Il le revendique même ! « Chaque 4 juillet je hisse sur mon balcon la bannière étoilée. Chaque 14 juillet le drapeau tricolore, pour rendre hommage au pays qui m’accueille. » On comprend que James qui s’est vite éloigné des plantations familiales de Lola est parti vers de nouvelles conquêtes. Il n’est pas américain pour rien. Avant-guerre, James devient ingénieur en optique. Ce qui l’entraîne à exercer le métier de caméraman pour la Paramount News. « C’était une époque où j’ai beaucoup voyagé. J’ai, ainsi fait des rencontres mémorables avec de grand artistes. » Il évoque Pierre Fresnay et Madeleine Robinson. Mais cette vie n’est qu’une part. Notre Faulkner est devenu professeur d’université « Doctor of Philisofy » à l’Université de New-York. « J’y ai enseigné la linguistique comparée. Français-Anglais. C’est pour cela que j’ai un tel attachement pour la France». Ses élèves le reconnaissent comme un maître dans l’art de la pédagogie. En effet, chaque année à l’occasion des vacances d’été, il reçoit dans sa maison du plan des 4 Seigneurs, la visite d’anciens élèves. Ce qui l’honore et l’émeut à chaque fois. Balaruc le Vieux est alors, un peu, à l’heure du Kentucky ! Son métier de prof’ l’a amené à écrire sur des auteurs français : « J’ai publié aux USA, un livre sur le théâtre de Tristan Bernard et l’autre sur le poète « immortel » Charles Le Goffic ! » De cette «carrière » James en parle mais toujours pour rappeler son plaisir de s’asseoir, au jour se levant, face à l’étang pour boire son thé. « Ce jeune vieillard vigoureux de 82 ans » comme dit son médecin, a reçu avec émotion les marques de sympathie que lui ont adressées des Balarucois à l’occasion de l’attentat des tours jumelles. Ses amis Balarucois pourraient dire : « O.K., Jim, mercè, t’en farès pas, lou Vièlh Balaruc es ton ostalàs, segur ! »

Marc Ayral ©

30/08/2003

Georges Cantin : Voyage dans la couleur.

medium_cantin.jpgIl y a des régions, des pays qui ont la particularité de retenir les émotions des artistes peintres. Le Pays de Thau en est un ! Tant dans le domaine de la créativité que de l’offre picturale, le passionné d’art plastique à le choix. Georges Cantin expose à partir de Lundi 1er septembre et ce jusqu’au 30 au Casino des Bains. Rencontre polychrome avec l’aquarelliste de la rue de la République.

Paul Gauguin disait à propos de l’art moderne : « Il faut peindre ce que l’on sent et non pas ce que l’on voit » Georges Cantin en autodidacte pratique l’aquarelle depuis un peu plus de 20 ans. « L’aquarelle m’enchante par les résultats immédiats qu’elle permet d’obtenir, et par sa transparence, c’est pourquoi j’aime à l’appeler peinture de la lumière » précise Georges lyrique. En vulgarisateur il explique encore « Avant tout, il faut que j’aime ce que je vais peindre. Et ma préférence va surtout vers les paysages, les maisons, les fleurs, les arbres. Il faut que le tableau une fois terminé dégage une atmosphère que l’on s’y sente bien dedans. Côté technique il travaille l’aquarelle « mouillé sur mouillé » ou « mouillé sur sec », « Mes ciels très souvent sont fait avec la première méthode. Ma palette actuelle comporte près de 90 couleurs, dont une vingtaine de verts et autant de jaunes. A écouter Georges on comprend que l’aquarelle est d’abord la technique de la spontanéité : « Il ne faut surtout pas peaufiner une œuvre que l’on pense achevée, au risque de l’altérer. Il est important de se laisser guider par son instinct et par les nuances. » L’aquarelliste ne dispose pas de blancs, il utilise le blanc du papier, il doit par conséquent les préserver sur le support, les prévoir à l’avance pour les conserver, faire respecter les frontières cela fait parti des mystères de l’eau. « J’aime peindre sur le motif, mais cela pose souvent des problèmes d’installation, il ne faut pas qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse trop chaud sinon l’aquarelle sèche trop vite. Et lorsque mon aquarelle sera terminée, je l’oublierai quelques jours puis, je l’observerai de nouveau, examinerai son point d’aboutissement, la renierai ou l’adopterai.» Georges présentera aussi au Casino des Bains quelques huiles sur toile qui n’ont jamais été exposées : « L’huile c’est une autre matière on la travaille différemment, au pinceau ou au couteau. L’huile pardonne plus que l’aquarelle, on peut reprendre son travail, pas avec l’aquarelle » indique avec verve Georges. Il est vrai que le public, les galeries, préfèrent les toiles peintes à l’huile : « Cela vient sûrement du fait que l’aquarelle était utilisée à l’époque par les grands maîtres pour établir leurs croquis sur le vif et non pas pour en faire une œuvre proprement dite. » C’est probablement William Turner (qui fut le premier impressionniste) qui donna à l’aquarelle ses lettres de noblesse. Mais les galeries y restent hermétiques : « Peut-être aussi parce qu’une aquarelle reste toujours à un prix inférieur aux huiles, commerce oblige ! » Pour Georges Cantin l’art est un luxe car il est un des rares domaines qui permet « de faire ce que l’on à envie de faire sans limites ! » Sans le blanc mais avec tant d’autres couleurs !

21/08/2003

Léon Malaviale "le balarucois" : "à 95 ans, si je pouvais je jouterais encore!"

medium_leon-malevialle.2.jpg Léon Malaviale se souvient. Beaucoup de vieux balarucois le connaissent et même au delà, de l'autre côté de l'étang. Cet homme est une légende vivante comme on dit! Pensez dans le milieu des joutes, des jouteurs qui ont connu et jouté aux côtés du décuple vainqueur de la St Louis, Louis Vailhé dit le Mouton il n'en reste pas beaucoup.

Et pour cause! Léon est né en 1908. La même année que les quatrième Jeux Olympiques de l'aire moderne qui se sont déroulés à Londres. Parce que Léon le clame haut et fort les joutes sont du sport. Ses débuts de jouteur à l'âge de 14 ans était comme une évidence. Avec un bon mètre quatre vingt et ses 88 kilos Léon n'était du genre gringalet à la M. Brun. Il en en imposait du haut de la tintaine. Les joueurs balarucois n'étaient pas légion. A ce moment là précise t-il "Nous n'étions pas organisés en société. Les sociétés de Sète, Frontignan, Béziers et Agde nous invitaient à participer à leur tournoi. On était apprécié parce que mon frère Georges et moi étions des jouteurs francs!" Et cela dans la bouche de Léon a de l'importance : "Ceux qui utilisaient toutes les roublardises se faisaient remarquer et n'avaient au final pas l'assentiment du public." Car le jouteur régulier était -est (?) - rare. Avec d'autres jouteurs balarucois Léon écumaient les tournois locaux et régionaux. Les Frères Frézou de Balaruc le Vieux, dont Augustin qui a gagné le premier pavois d'Or. "Ceux-là, a eux deux il faisaient 200 kilos!" Un autre jouteur avaient un potentiel énorme. C'était l'arrière grand oncle d'Alain Rouvière, Antoine. Le père du coiffeur Moïse! Au milieu des années folles il y avait un autre Rouvière, Georges le grand père du jouteur gigeannais. Les rivalités entre jouteur balarucois étaient peu présentes :"Cela n'avait rien à voir avec les combats mémorables, lance à la main - mais pas toujours- entre les sétois Liparoti, Cianni, Balthazard et Marquassan. Ah ceux-là ils étaient enragés! Quand à nous balarucois on s'aimait bien, enfin, entre jouteurs." L'allusion de Léon fait référence aux jets de pierres que subissaient les banencs -balarucois des Bains- de la part des enfangatch, balarucois du Vieux. "C'est à dire que ces bagarres venaient du fait que les balarucois du vieux considéraient comme une sorte de trahison que la commune des bains ai été créée. Il ne fallait d'ailleurs pas évoquer la chose. Moïse Rouvière se souvient du haut des ses 92 ans de la remarque d'Augustin Frézou : "Qu'il se soient appelés les Bains de Balaruc, passe. Mais Balaruc les Bains, ah ça non!" Léon pour sa part n'était du genre à "s'estransilher" (se battre)! Du côté tintaine, par contre, il ne donnait pas sa part aux chiens : le 15 août 1925, il gagne son premier tournoi : A quel bonheur! Se faire remettre par le maire le pavois sur lequel est peint : Balaruc "fons illis curat aquis" c'est aussi bien qu'une médaille au jeux olympiques. Il aimerait bien venir voir jouter son jouteur balarucois préféré : Aurélien. On l'a prêté aux sétois, il faut bien qu'il gagne la St Louis de temps en temps face aux Frontignanais!!

25/07/2003

Jim Faulkner le retour!

medium_jim-faulkner.jpgL'américain de Balaruc le Vieux comme l'appelle les autochtones vient de rentrer dans son deuxième "chez soi", sa petite maison du village des remparts.

On se souvient que Jim est l'arrière petit cousin de William Faulkner le célèbre écrivain auteur notamment de « Sartoris ». Personnage attachant, aimant la compagnie "de ses amis français" ce professeur à la retraite de l'université de New York, aime à aller se ressourcer dans son pays de naissance. Ses 84 ans ne l'empêche pas de voyager jusqu'à Williamston près de Boston où réside son fils qui l'héberge pour "passer l'hiver". A la tête d'une tribu de 6 enfants, Carl, Eric, Jackie, Yannick, Michèle et Scott, il est maintenant 2 fois arrière grand-père. Durant son hibernation partagé par l'écriture à ses amis, de mèl narratif, le littéraire ne peut se cacher, et la lecture de poèmes de Charles Le Goffic, Jim passe un hiver au pays dans le palace que dirige son fils. Et du monde il en voit! De quoi lui donner l'inspiration pour le livre-journal qu'il écrit quotidiennement. De retour à Balaruc le Vieux depuis la fin du mois de juin, il a contacté ses amis qui l'ont entouré de leur amitié. Au milieu des musiques et des costumes des médiévales, l'américain vit une autre vie, celle qui l'affectionne particulièrement : La vie de village, ses amis, un bon vin, et le thé, au lever du soleil avec vu sur l'étang. Bon retour Jim!

16/07/2003

Moïse Rouvière : La jeunesse de mes 92 ans!

medium_numeriser0001.jpgLe Médiévales sont l'occasion de rencontrer un personnage attachant qui connaît la simple histoire locale. Celle qu'il a vécu de Balaruc à Sète et de Poussan à Yssanka!

Assis devant sa maison Moïse Rouvière regarde passer le temps, les gens, la vie. A 92 ans, cet ancien coiffeur à Sète puis à Poussan durant 38 ans, regarde son village avec le cœur. Sa sensibilité s'exprime sans fard "gentiment" se plait-il à répéter. Né à "trois maisons plus loin" que celle qui l'abrite actuellement, il a vu le village des remparts grandir et "s'enrichir" au fil des ans. Enfant dans les années 20, il se souvient de son instituteur¨de l'école de Balaruc le Vieux, M. Amiel, qui apprenait à ses élèves l'hymne sétois "Chagrin faï ta mala"! De cette instruction, décalée, pour l'époque, il en conserve le plaisir de parler et de comprendre la langue d'oc! "Mes parents s'exprimaient beaucoup en occitan!" Précise t-il! Mais Moïse n'est pas un répapiaire (radoteur) qui débute chaque phrase par "de mon temps". Certes ses souvenirs sont quelquefois douloureux notamment lorsqu'il évoque la disparition prématurée de sa fille "si belle et si douce" et de sa femme il y a deux ans. Il garde de sa vie des joies et des douleurs qui lui embrument son regard clair. Il a été, longtemps, coiffeur à Sète, "j'ai appris mon métier chez M. Albiol, le père du maire adjoint de Sète". Puis, plus tard, avec sa femme, qui était aussi coiffeuse, dans "le plus grand salon de Sète" qui se trouvait à l'emplacement actuel du café le Colibri. Dans la proche deuxième guerre mondiale, en 1935, Moïse est parti effectuer son service militaire à Hyères dans un régiment d'infanterie Alpine, lui le méridional! Il se souvient qu'un jour pour préparer la mobilisation qui s'annonçait imminente les réservistes ont été rappelés, dont lui, pour effectuer 21 jours de manœuvre. "J'y serai allé de bon gré mais cela tombait au beau milieu de ma lune de miel". Etant le coiffeur privé de Lucien Salette, le député socialiste, il est allé le trouver pour obtenir une dérogation. Le notable après être intervenu auprès du service de recrutement à Montpellier est revenu est lui a déclaré :"Hélas Moïse ils n'ont rien voulu savoir, tu seras obligé de t'y rendre. Comme tu as une spécialité d'éclaireur skieur, il faut que tu partes en manœuvre dans les Alpes pour monter à ce Mussolini qui nous sommes!" Argument auquel Moïse se soumet avec tristesse. Moïse est aussi connu à Balaruc et dans les environs parce qu'il a été un musicien très apprécié. D'abord pianiste, puis après guerre accordéoniste. Il se souvient de la formation qu'il avait constitué avec Louis Reboul, le père du docteur poussanais : "C'était pendant la guerre avec Louis, qui était un excellent trompettiste, nous avons monté un petit jazz. Je me souviens à la Libération d'un bal durant lequel nous avons joué de 8 h00 du soir jusqu'à 8h30 du matin sans que les danseurs se lassent, tant il avaient été privés des joies simples de la jeunesse."Aujourd'hui, pour lui, les médiévales sont comme un bain de jouvence. Cela lui évoque les fêtes qu'il a connu et où la jeunesse balarucoise avait une place de choix. L'on courrait dans tous les sens, l'on chantait dans le café que mes parents tenaient place du Jeu de Ballon, l'on jouait au tambourin dans des parties qui n'en finissaient pas! L'on s'épuisait à jouer au foot, ici, devant chez moi sur la place. Quand on voulait changer d'air l'on filait regarder passer le train de 4 heures avant de partir boire une limonade à Yssanka! Simple comme une vie! Certes idéalisée par Moïse parce qu'elle a été la sienne. Maintenant il jette avec bienveillance un regard sur ses contemporains. Et puis Moïse a tant de choses à raconter! Lorsque vous l'apercevrez assis devant sa porte, arrêtez-vous il vous contera l'histoire d'un temps que les moins de vingt ans…

17/09/2002

Deux hommes à vélo et les Pyrénées!

medium_cyclos.jpgErnest Dupré et Patrick Herrada sont amis. Du 3 au 10 août ils ont accompli une performance qui force l'admiration : La traversée des Pyrénées à vélo. C' est une grande classique cyclotouriste qui s'effectue sur un parcours d’Hendaye à Collioure. Soit 800 Km, 28 cols et 16600 mètres de dénivelés !

A 71 ans, Ernest Dupré parle de la traversée des Pyrénées comme d'une simple balade. Par modestie, parce le vélo fait partie de sa vie, il n'en fait pas tout un plat! Et pourtant il y aurait de quoi! Avec son binôme, le souriant Patrick Herrada, un jeunot de 37 ans, ils sont partis sur les routes pyrénéennes goûter l'air des cimes. En passant le col du Tourmalet à 2115 m, il y avait dans leurs têtes les exploits des plus célèbres grimpeurs qui y sont passés en vainqueurs : Bahamontés, l'aigle de Tolède, en 1954 ou Van Impe, le petit belge, en 1974. Mais cette route ne se résume pas au plus haut col des Pyrénées. Avant d'en arriver là, il a fallu que les deux compères se préparent. Ce n'est pas le plus excitant. S'avaler 6000 Km durant tout l'hiver n'a rien de passionnant et pourtant c'est bien ces efforts là qui payeront ensuite! Rouler, rouler toujours. De Balaruc le Vieux à La Vacquerie, de Balaruc le Vieux à la Croix de Mounis, l'asphalte héraultaise n'a presque plus de secret pour Ernest et Patrick. Il faut bien ça, mais ce n'est pas tout! Loin est l'époque où les cyclotouristes "carburaient" à la cochonnaille et au gros rouge. Ernest et Patrick ont suivi un programme diététique personnalisé. Perdre du poids tout en gardant ses forces pour appuyer sur les pédales "La forme n'est pas innée, elle s'acquiert puis s'entretien mais s'est un état fragile qu'il faut conserver jusqu'au jour J." indique Ernest chevronné. En plus de la "machine humaine", il faut perfectionner sa monture, l'adapter au terrain. Tout est passé en revue. D'abord, la position sur le vélo pour l'optimiser à l'effort si particulier du grimpeur. Puis les braquets. Là, il ne faut pas faire le fanfaron. Même les plus costauds s'y sont cassés les mollets en montant des développements au dessus de leurs forces. Les deux copains sont sages, il connaissent le risque de coincer au milieu d'une ascension. Ils partiront équipés d'un triple plateau 30-40-50 et en pignons de 14 à 26. Ce matin du 3 août il quitte Hendaye, très tôt à 6H00 direction St-Jean-Pied-de-Port. A 20 Km par heure de moyenne il rejoindront 7 jours plus tard Cerbère en Catalogne. Chaque étape est l'occasion de grimper un col mythique : l'Aubisque, le Soulor, le Peyresourde, le Portet d'Aspet, le Pailhères, le Jau et tant d'autres qui moins connus forment avec les précédents autant d'occasion de se surpasser. A l'exemple d'un col au nom imprononçable sans la maîtrise de la langue basque : le Burdincurutchèta. 1135 m d'altitude. Terrible juge de paix de plus de 1000 mètres de dénivelé. Ce col permet l'accès au col d'Organbidexka, connu des ornithologues car il est un passage obligé, chaque année, de plus de 20 000 rapaces et 400 000 pigeons. Par temps couvert, les oiseaux se réfugient dans la vallée, puis passent le col en grand nombre dès qu'arrive le beau temps. Ernest et Patrick n'ont pas eu le temps d'observer ce beau spectacle, encore essoufflés ils sont descendus sous la pluie battante en direction d'un autre rendez-vous celui de la Marie Blanque. Pas galant mais sportif ! Patiemment, avec ténacité, ils ont rejoint l'arrivée le regard fixé vers le haut comme pour dire aux Pyrénées, au fond des yeux : "Nous sommes tes invités ô Pyrénées, ta beauté se gagne en te sillonnant de la fontaine des pèlerins -Font Romeu- au Roc Blanc et d'Hendaye à Cerbère…Le titre de montagnard pyrénéen ne s'acquiert que dans ces conditions. Aujourd'hui Ernest et Patrick peuvent proclamer "Sem Montanhols".

16/08/2002

Le chevalier Evangelisti se repose au pays d'Aurélien.

medium_evangelisti-mere-_-fils.jpgPendant que certains croyaient que le chevalier Evangelisti était blessé et retiré pour longtemps sur ses terres balarucoises, Aurélien drapé de son traditionnel costume médiéval frappé du lion d'or se reposait au côté des siens dans le village des remparts. Durant les Médiévales de Balaruc le Vieux, fin juillet, entre "lo mujol" de Balaruc et les tournois de chevalerie de Maître Barthas, Aurélien Evangelisti, se plaisait dans l'ambiance pas si éloignée faite de bravoure ou de ruse des tournois de joutes Languedociennes. Peut-être a t-il mis à profit ce repos pour étudier de son œil expert les tenus de lances et de pavois du chevalier Cauvin de Balaruc ou de son pire ennemi le chevalier noir? Que ce soit au sein des remparts ou durant les longues soirées d'été passées dans la manade d'Alex son père, pour le tenant du titre de la St Louis, l'air de son fief est bénéfique. Un tournoi à Béziers, un autre à Balaruc les Bains, revoilà le valeureux chevalier prêt pour d'autres combats. Sereinement mais passionnément.

08/03/2002

Antoine Itier : l'histoire simple d'un descendant des Seigneurs de La Clause de Vendargues

Lire, découper, conserver, polycopier, rechercher aura été l'activité d'Antoine Itier durant 30 ans. Comme un bénédictin, Antoine, retraité de la Mobil, a avidement compilé toutes les informations possibles concernant Balaruc le Vieux.

Dans son travail documentaire s'entrecroisent la grande histoire, celle de rois et des reines, des seigneurs et des vassaux et la chronique récente des petits événements contemporains. De manière empirique mais passionnée, Antoine Itier a ainsi réussi à constituer un fond documentaire très volumineux. Plus de 13 volumes de plus de 300 pages constitue son "œuvre". En l'ouvrant on constate, comme celle d'un peintre naïf, l'approche simple et ludique de l'histoire. Après tout à quoi bon tout hiérarchiser, tout rationaliser. La vie d'un club de foot balarucois des années soixante-dix ou les photos de classes des années quarante de l'école locale côtoient le plan cadastral de Balaruc le Vieux datant du moyen âge. Quelle importance! Vivre aujourd'hui c'est déjà aimer "l'hier", aurait pu être la devise d'Antoine Itiér! Les techniques d'architecture médiévales et la lignée des seigneurs de Balaruc, "l'historien par loisir" la couche patiemment sur des cahiers à spirales. Simple en effet! Antoine Itier préfère le fond que la forme. Ce travail, il en fait profiter tout le monde: Des érudits régionaux viennent le rencontrer pour y dénicher des anecdotes ou des séquences historiques qu'ils auraient pu ignorer ! Itier n'est pas avare de commentaires et d'explication, c'est un euphémisme! Ouvrir un livre pour lui, c'est comme une seconde nature :"J'aime lire et j'aime donner le goût aux autres!" Pour cela il s'occupe - au sein du Club des Remparts - de la bibliothèque pour tous, il conseille et oriente le choix des lectrices et des lecteurs. Aujourd'hui, dans sa maison familiale, l'une des plus vieille du village, il n'a pas plus le même goût d'amasser des documents ou de collationner des anecdotes. Son devoir de mémoire balarucois, il y a satisfait :"J'ai déposé mes 13 volumes chez ma fille, j'étais trop sollicité!" Alors, comme un compagnon qui a terminé son "chef d'œuvre" il est passé à autre chose: Assis sur les remparts qui domine la Crique de l'Angle, il commente les événements et aide les autres. A ce titre il a été récompensé par l'Association d'Encouragement des Bénévoles Méritants (AEBM) : "C'est une distinction qui me touche!" Entre historien et chroniqueur amateur, les élèves de l'école élémentaire qui travaillent cette année sur l'histoire de Balaruc le Vieux, trouveront en Antoine un interlocuteur prolixe et affable. Quand un visiteur frappe à sa porte et après les civilités d'usages, Antoine, Jean, Paul, Henri, Marius Itier aime à rappeler qu'il est descendant des Seigneurs de la Clause de Vendargues. Son arbre généalogique remonte à l'année 1618; Antoine apprécie l'histoire et adore s'y projeter comme un personnage tout droit sorti d'une image d'Epinal : Louis IX rendant la justice sous un chêne et pourquoi pas en Bélibaste le dernier des parfaits cathares!

17/02/2002

Henry Parramon : “ Mes 30 ans de carrière, c’est au pays que je tiens à les fêter ! ”

medium_blvx-parramon.jpgBeaucoup de balarucois et de sétois connaissent bien Henry Parramon. Peut-être l’ont-ils perdu de vue, mais sans doute ils se souviennent qu’il est un musicien, trompettiste et chef d’orchestre, ami de Boby Lapointe et de Brassens.
Henry Parramon, grand spécialiste de musique baroque est enfant de Balaruc le Vieux. Il le clame haut et fort. Ses fréquents passages dans la maison familiale, en plein cœur du vieux village, lui donnent de maintes occasions de se ressourcer. Cette année Henry la souhaite exceptionnelle. A bras le corps, à plein poumon, dirait le trompettiste, Henry veut donner à ses 30 de carrière une couleur exceptionnelle. Jouer pour le public héraultais et particulièrement pour tous les balarucois. C’est ici qu’il a appris la musique, c’est ici qu’il veut faire entendre les accents de sa trompette naturelle. Le bon plaisir d’Henry Parramon pour étonner et satisfaire les mélomanes du Pays de Thau. 30 ans qu’il souffle éperdument dans son instrument. Il devient après sa formation dans les conservatoires de Montpellier et à l’école Normale de Musique de Paris, professeur et parallèlement concertiste international. Son premier concert il le donne à la salle Cortot à Paris en mai 1972. A partir de cette date il ne cessera de jouer, d’apprendre et d’animer des festivals avec passion et souffle ! En 1983 il fonde l’Académie internationale de musique baroque à Pèzenas. En 1990, les Bourbonnais l’accueillent et lui confient la direction de la Philharmonie de Moulins avec qui il enregistre un disque : “ de Gershwin à Boby Lapointe ”. Musique baroque, chanson française, poésie et jazz pourraient résumer l’éclectisme du talent d’Henry Parramon. Chef d’orchestre il avait comme dessein la création d’une Philharmonie du Bassin de Thau. Il l’a proposée à tous les maires : mais las, aucun ne lui a répondu. Pourtant Henry Parramon connaît les partitions sur le bout de la baguette… Alors Henry Parramon à l’occasion de quelques jours de vacances dans son Midi natal, reprend son bâton de pèlerin. Sa ténacité finira par convaincre un édile du bien fondé de son projet. En espérant que “quelque chose se passe ” il joue avec son ami et talentueux organiste Jean Michel Louchart. Ensemble ils gravent un prochain disque qui retracera son parcours de trente années de musique. Henry à la trompette, Jean Michel à l’orgue pour des œuvres de musique sacrée, interprétations d’œuvre de Bruckner, Hovhaness, Delerue, St Saëns, Verdi, etc. Ce disque qui paraîtra en avril sera le viatique de ses prochains concerts. Mais le projet qui lui tient le plus a cœur et de jouer à Balaruc le Vieux à l’occasion de la fête médiévale. Si cela est confirmé, la municipalité devrait donner, ainsi, à un enfant du pays l’occasion d’exprimer sa créativité sous les voûtes de l’église St Maurice.