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03/02/2002

Séverine Beltrame : Objectif, le “ top ten ” du tennis français !

Le sport à Balaruc le Vieux à ses adeptes, comme ailleurs ! Mais ce village a la chance de générer des vocations d’athlètes. Peut-être est-ce encore trop méconnu mais les “ enfangatchs ” peuvent se targuer d’être la patrie de plusieurs sportifs de haut niveau. On connaît les attaches balarucoises d’Alain Portes. Le médaillé de bronze en handball aux Jeux Olympiques de Barcelone, aujourd’hui entraîneur de l’équipe féminine de Nîmes, championne de France en titre. Nous ne reparlerons pas du superbe parcours d’Aurélien Evangelisti qui nous en offrira d’autres tant son potentiel est important. Après le portrait de Rémy Lettieri jeune pongiste exemplaire, c’est au tour de la tennis-woman, Séverine Beltrame, de nous livrer ses espoirs pour la future saison.

Séverine Beltrame 22 ans, 28ème rang français, 345ème rang WTA. C’est en ces termes succincts que Séverine apparaît sur les tablettes de la Fédération Française de Tennis. Certes c’est vite dit, mais cela représente tant de travail, de sacrifices et de volonté : “ Le tennis est entré tard dans ma vie, à onze ans ! A l’âge où les autres ont déjà presque 4 ou 5 ans de pratique. ” Alors Séverine a du compenser, foncer, rattraper le retard. A cet exercice elle a gagné ! Gravissant les échelons régionaux et nationaux ! Aujourd’hui, elle s’est hissée au niveau des meilleurs espoirs du tennis féminin français. “ Le chemin est semé d’embûche. Pour atteindre le meilleur niveau il me faut passer encore un nouveau pallier. Certainement le plus difficile ! Je dois entrer dans les 100 meilleures mondiales pour espérer faire partie du “ Top 10 ” français. ” Ce défi quotidien elle a su le relever la saison passée en gagnant deux grands tournois internationaux. Celui de Canet-en-Roussillon où elle défait, notamment, en demi-finale, l’Uruguayenne Olivera classée 250ème mondiale. Le tournoi de Périgueux lui donne aussi l’occasion de ramener la victoire à son club : le Tennis Club de Frontignan. Victoire qu’elle considère comme un bon présage : “ Céline Beigbeder du Tennis Club de Biarritz, classé 650ème mondiale l’a remporté en 2000 et grâce à son excellente saison en 2001 se retrouve dans les dix meilleures françaises ! ” Un parcours que Séverine espère prémonitoire. Alors, pour la préparation à la saison prochaine qui s’ouvre à Londres dans quelques jours pas question d’à-peu-près. Quatre heures d’entraînement par jour sous la houlette de Philippe Rançon son coach et de Didier Marcy son préparateur physique. Rude travail basé sur l’endurance : Footing, les balarucois la voit souvent arpenter le goudron du chemin haut ou les chemins de la Crique de l’Angle. Sévère séance de musculation pour corriger “ quelques faiblesses musculaires et renforcer les points forts ”. Avec cette “ charge ” comme disent les entraîneurs, Séverine est prête physiquement. Reste la technique, le moral et le mental. De ce côté là, la belle balarucoise n’est pas du genre à se laisser envahir par le doute : “ Le sport de haut niveau, c’est un métier à part entière. Quelques fois je rencontre des gens qui me croit éternellement en vacances car le tennis n’est qu’un jeu ! Jouer au tennis toute la journée est harassant, pour moi c’est certainement le plus dur des métiers, on ne peut le faire que par passion ! ” Un souhait que Séverine, discrète, prononce du bout des lèvres : trouver d’autres sponsors: “ Le tennis est un sport individuel d’équipe ! Seule je ne pourrais rien. Tout cela est possible grâce aux aides que m’octroient, la Ligue, mon Club et une grande marque d’équipements textiles… ” conclut-elle reconnaissante.

29/10/2001

William Gasc : Meilleur jeune boulanger de la région.

a8da92e3851c02f5969910edaaca6c60.jpgWilliam Gasc poursuit ses études. Son CAP de boulanger en poche depuis juin dernier, tout aussi méritant qu’un licencié en droit ou en lettres, le voilà aujourd’hui qualifié pour la finale du concours national des Meilleurs jeunes boulangers de France. Parcours d’un jeune homme de 19 ans, discret aimant son métier et ce qu’il représente.
Peut-être parce que Balaruc le Vieux est de tradition rurale, son père lui ayant raconté que les champs de blés y étaient nombreux. Peut-être parce que l’odeur maternelle du pain frais est, comme un souvenir d’enfance, douceur et gourmandise, William a choisi la « boulange » ! Il est de ceux qui, tranquillement mais avec une grande force caractère, font progresser le métier. Depuis 4 ans, le jeune Gasc, comme on l’appelle à Balaruc le Vieux, pétrit la pâte à l’heure où tout le monde est encore endormi. Dès 15 ans, s’arracher de son lit tous les jours à 3h30 du matin pour rejoindre sur sa "mobe" le fournil de son maître d’apprentissage est un rituel rugueux qui ne le dérange plus : « Je dois beaucoup à mes deux premiers patrons. D’abord Monsieur Goudard de la boulangerie « Aux croissants d’Or » de Frontignan la Peyrade, et actuellement Denis Ortega de « La Panote Dorée » de Montbazin. C’est eux qui ont su avec mon prof’ de boulangerie Tony Yvorra m’amener à franchir ce premier niveau ». William n’entend pas en rester là ! Déjà parmi les 22 meilleurs jeunes boulangers de France, il va concourir pour le titre national qui se déroulera au Centre de Formation d'Apprentis de COUTANCES dans le département de la Manche les 28, 29 et 30 novembre 2001. Ce concours, qui est la référence nationale, requiert de grande qualité technique et de créativité. William s’y prépare tous les jours. Il y consacrera une semaine d’entraînement « coaché » par un ancien meilleur ouvrier de France , Monsieur Pons, qui viendra tout spécialement de Montpellier pour le conseiller. « Il faut que je me donne toutes les chance de réussir ». A cet instant on voit dans les yeux malicieux du jeune apprenti toute l’envie de réaliser « quelque chose ». Ce concours est organisé par la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie. Son jury est composé de 11 professionnels qui sont des sommités du métier : « Pas de place pour l’approximation ». La durée des épreuves est fixée à 8 heures : « Il faut être endurant et en bonne condition physique » Et de poursuivre : « Pas de place pour le bachotage toutes les techniques doivent être maîtrisées. » Le sujet comporte 4 thèmes : Le pain de consommation courante obligatoirement de tradition française, les pains spéciaux (2 sortes), dont obligatoirement le pain de campagne, la viennoiserie : (croissants, brioches à têtes...) et le travail sur pâte morte. William domine tout particulièrement ce dernier exercice : « Lors de l’examen du CAP, j’ai réalisé un pain décoré, le thème imposé étant la BD. J’ai choisi un dessin d’Uderzo que j’ai dû adapter à la pâte morte pour représenter Obélix en pleine action de livreur de menhir ! » Concentré sur son objectif à court terme, William Gasc pense à construire un projet professionnel : « J’aime la boulangerie, mais après avoir passé le BEP en juin 2002, je rajouterais à mes acquis, la pâtisserie. Mon souhait serait dans quelques années d’avoir ma propre affaire ! Je sais que ce n’est pas évident actuellement, mais pourquoi pas ! » Evoquant le Compagnonnage, dans sa recherche de perfectionnement il se dit prêt à bâtir son « chef d’œuvre » à l’exemple des meilleurs ouvriers de France. Revenant à son objectif immédiat : « Pour être parmi les apprentis qui seront reçus à l’Elysée pour offrir au Président de la République, au nom de notre profession, la Galette des Rois, il faut que je sois classé parmi les 8 premiers nationaux. Ca serait super ! » Ce que n’ose évoquer William c’est que les deux premiers participeront au concours international ! Comme le chocolat dans le pain et la cerise sur le gâteau.

Marc Ayral

27/07/2001

Albert Barry : «Mon ami Lucky Luke»

Parti avec le secret de sa créativité naïve Albert Barry a laissé ses compagnons, Lucky Luke, Bambi, le chat, le flamand rose et tous les autres, dans le jardin qu’il a composé à sa retraite de directeur de la cave coopérative. Hommage a un artiste brut comme son art, pour que continue à vivre son jardin.

Lucky Luke est en deuil ; deux fois. Il y a des coïncidences curieuses. A un an d’intervalle, son créateur et dessinateur, Morris et Albert Barry son «ami intime » et sclupteur s’en allaient : «I’m poor lonesome cow boy ! » *
Sur l’avenue des Bains, à Balaruc le Vieux, certains jours c’est un défilé incessant. Particulièrement en cette période estivale. Les curistes et les touristes soit parce qu’ils connaissaient Albert soit par curiosité, s’arrêtent devant le N° 12 pour admirer sa passion créative.
Sa femme, Marie-Thérèse, du haut de la fenêtre de sa maison salue les visiteurs. Elle a été sa première admiratrice : « Il avait un sacré coup de crayon, regardez cette toile c’est sa première peinture. » Tant dans la maison que dans son atelier les murs et les étagères sont les supports d’une collection riche de ses peintures et sculptures. Alain, son fils, est lui aussi heureux de présenter le travail de son père : « Mon père était dévoré par son enthousiasme inventif. Il créait sans cesse de nouveaux personnages. Il les faisait se parler entre eux. Son monde candide est le reflet de sa personnalité. » Alain Barry a pourtant un souci. Il l’expose sereinement : « Depuis le décès de mon père, le jardin demeure une curiosité. » Les badauds sont nombreux devant le portail violet du jardin. Mais ils peuvent constater que si la magie est intacte, les personnages s’abîment et se dégradent à l’épreuve des intempéries. «Afin de sauvegarder ce patrimoine, je vais, avec un groupe d’amis, prendre les contacts nécessaires pour le valoriser et le restaurer ». L’idée d’un musée Albert Barry est dans l’air. Alain poursuit : «Pas si loin de Balaruc le Vieux… des moyens importants ont été investis pour présenter des collections d’art modeste ». Albert Barry à la manière du facteur Cheval n’a t-il pas lui aussi su créer un univers de poésie et de gaieté ? Comme le dit le dicton populaire : Quelquefois on va chercher loin ce qu’on a prêt !
« Je revois mon père accueillir les visiteurs leur montrant ses dernières créations » Sa renommée dépasse les limites du Pays de Thau. Un livre a été publié en 1995. Il retrace le cheminement imaginatif d’Albert Barry. Ce recueil, signé par Yvonne Bruel et Hélène Joyeux, est une poésie a lui seul. On peut y lire : « Le dérisoire devient grandiose et le détail l’emporte sur le tout ».
Alain Barry en le feuilletant sait qu’il se doit de rendre hommage à l’œuvre de son père.: « Profondément Balarucois, mon père a laissé une sorte de message. Il a construit un univers gentil. Peut être parce qu’optimiste de nature il préférait le voir ainsi. » Son ami Lucky Luke ne peut rester solitaire plus longtemps. Gageons qu’Alain Barry, trouveras les moyens permettant de continuer à présenter, à Balaruc le Vieux, dans les meilleures conditions, tous les amis d’Albert.
Et toujours à un public le plus large.
* Chanson de Lucky Luke qui termine toutes ses aventures. Traduction : « Je suis un pauvre cow-boy solitaire… »