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22/08/2004

Repas des voisins!

Corinne Mauro a beaucoup d'idée pour l'animation de Balaruc. Après les puces, une de plus, spontanément mis en œuvre s'est donc réalisée ce samedi soir. Rien de plus simple!

Un repas des balarucois du vieux village. Ils se voient au coin de la place de la mairie, discutent au sortir de la boulangerie, se croisent en se saluant sans pour cela souvent se connaître. L'idée de Corinne est donc de les inviter à partager un repas aux sons des chansons d'hier et d'aujourd'hui. Vite dit, vite fait, les agapes se sont préparés en à peine une semaine, quelques coups de fils, quelques sonnettes tirées et la salle polyvalente est pleine de balarucois, de souche et de plus fraîche dates. Au milieu d'eux, incontournable cheville ouvrière, Alain Barry s'est chargé de l'animation et a donné l'occasion à toutes les familles de se présenter en public. La timidité de certains a été vite surmonté par le caractère ludique et informel de l'exercice. Chacun dans son style a indiqué depuis quand il était balarucois, quels étaient son métier et ses hobbies ou que faisait ses enfants ou petits enfants. L'assistante très attentive a ainsi pu mettre une tranche de vie, un nom sur un visage pourtant côtoyé depuis longtemps. De 3 ans à 93 ans! De l'âge de la dernière petite-fille de la famille de l'aquarelliste Georges Cantin au doyen de la commune Moïse Rouvière, 90 ans d'écart. Ce dernier n'en pas moins la verve d'un adolescent et l'envie de séduire son public conquit par ses chansons du répertoire du music-hall marseillais des années 30. Jim Faulkner, l'américain de Balaruc, 84 ans, arrière petit neveu de William, captiva aussi l'auditoire par un petit condensé de sa vie : Jeunesse sous la bannière étoilées, engagé dans les SAS aux côtés des forces françaises libres d'Afrique puis professeur de linguistique comparée à l'université de New York et fin connaisseur de la littérature française de Charles Le Goffic et de Tristan Bernard. Emotion, amitié et convivialité ont constitué cette soirée. Un autre moment d'authentique émoi fut le mini récital de Jean-Luc Demangeclaude, le bluesman de Balaruc.
Belle soirée, quelle soirée! Tous en redemandent. Comme quoi il n'y a pas de fatalité, la télévision pivot central de nos soirées sera toujours supplanté par la simple et humaine envie de "passer un bon moment ensemble". A la prochaine!

Marc Ayral ©

18/07/2004

"Le Muge de Balaruc" danse

Le muge de Balaruc est de sorti! Comme chaque année le vieux poisson - et pourtant bien frais- symbole balarucois par excellence va déambuler dans les ruelles du vieux village.

Toujours présent pour rappeler à tous nos contemporains l'esprit de contradiction et de défit à l'autorité qu'il représente. C'est un "gentil roumegous" comme disent les anciens! Désormais le muge danse! Jean-Marie Doire et Luc Frégeac les porteurs du Muge ont décidé de faire danser le Muge. Une danse ô combien aquatique pour rappeler que le poisson à moustache sait en plus se rendre attrayant lorsque son public le sollicite. Voilà un poisson bien cabotin! Le Muge de Balaruc a une histoire forgée par le défit à l'autorité. Au moyen-âge le Seigneur Evêque de Maguelonne dont Bérenger de Frédol et ses successeurs avaient selon des écrits anciens donné à "la communauté de Balaruc un droit de pêche sur l'étang moyennant une redevance annuelle de 45 livres payée aux évêques de Maguelonne". Ce droit obtenu par l'impôt, les balarucois ne le payèrent que 50 livres par an jusqu'au XVIIème siècle. L'évêque de Maguelonne intenta un procès aux pêcheurs qui dura quarante ans et se conclut en faveur des balarucois. Cette taxe fut semble-t-il appelée la "dîme du muge" ou "l'impôt du muge". C'était une manière pour les autochtones de clamer le peu valeur de cette taxe par rapport aux gains qu'ils pouvaient en fait exploiter des eaux poissonneuses de l'étang. Ils se moquaient et on entendait, à l'époque, "Le muge pour l'évêque, le loup et la dorade pour nous!" En hommage à leur poisson fétiche les balarucois l'érigèrent en forme de girouette tout en haut du clocher de l'église St Maurice. Il y resta jusque dans les années 1970 où usé par la rouille, il disparut du ciel "enfangatch". Ainsi, le muge est devenu pour les habitants de ce village le symbole d'un pied de nez à l'autorité. A partir de cette histoire, l'association "Le Truc" a décidé d'honorer l'animal totémique de Balaruc : "Lo mujol" de Balaruc. Plusieurs villages ont aussi leur animal totémique, carcasse de bois recouverte de tissus, présenté à la population une fois l'an, dans une fête empreinte d'anciens rites païens. On "sort" le bouc à Paulhan, le cochon noir à St-André-de-Sangonis. Le jeudi de l'Ascension, l'âne Martin, seigneur de Gignac, après avoir reçu la bénédiction du prêtre, va parcourir la ville au son des fifres et des tambours. Le Muge de Balaruc héritier de cette tradition va perpétuer lui aussi à sa manière le rite languedocien. La construction du "Muge aura pris quelques semaines. Fait d'une structure métallique et recouvert d'un tissus gris satiné le muge a fière allure. Ses concepteurs lui ont donné une gueule et des ouïes articulées. Ses deux porteurs pourront compter sur les deux guides qui seront respectivement la représentation du pêcheur et du Seigneur-Evêque de Maguelonne.
La présentation du Muge à la population de Balaruc le Vieux aura lieu le Vendredi 19 juillet à 15h00, place de la mairie. Le "Truc" et les Mourres de Porc offriront officiellement à la commune la représentation totémique de l'animal fétiche des balarucois ainsi que la chanson écrite expressément par Lionel Lopez et Philippe Carcassès. (voir ci-contre) "Lo mujol de Balaruc". Le muge dansera joyeusement pour fêter avec le pêcheur les nombreuses bravades à l'encontre du Seigneur évêque. Une évocation populaire de l'histoire locale à ne manquer sous aucun prétexte.

Marc Ayral ©

01/02/2004

Le Truc a son site!

Le premier site consacré à Balaruc le Vieux est né en fin d'année 2003! Mis en ligne récemment, ce site a pour vocation de présenter les activités de l'association et au delà de donner des informations dans ses domaines de prédilection : Culture et environnement! Ainsi Jean-Marie Doire, Luc Frégeac et Marie-Odile Cornacchia avait annoncé lors de la journée des associations l'ouverture de la première vitrine Internet du village des remparts : "www.letrucdebalaruc.fr.fm".

Jean-Marie Doire dans son propos a rappelé que : "le nom de
"Truc", mot occitan, qui signifie butte et le fondement même sur lequel a été construit Balaruc à l'époque wisigothe et devenu depuis 1887 Balaruc le Vieux." Luc Frégeac poursuit en indiquant que "le Truc de Balaruc" a pour objectif de rassembler toute la communauté villageoise autour de deux éléments essentiels de l'âme balarucoise : la nature et la culture. Contacté le président Alain Barry rajoute : "Ce site Internet est là pour marquer fortement notre identité balarucoise et languedocienne. Balarucois de souche et néo-balarucois ne doivent pas oublier que la nature a offert aux anciens leurs moyens de subsistances : Pêche, viticulture, agriculture et élevage." Pour Marie-Odile Cornacchia : "Sur le site la Culture est représentée par un patrimoine historique majeur le vieux village et sa circulade, l'église St Maurice, l'histoire de la seigneurie de Balaruc, le jardin d'Albert Barry adepte de l'art brut et enfin le renouveau de la tradition du Muge, nouvel animal totémique du Languedoc." Jean-Marie Doire complète en indiquant que ce site est ancrée aussi dans ceux qui font le rayonnement du village. "Ainsi nous allons régulièrement mettre en ligne le portrait d'une personnalité majeure de Balaruc le Vieux et nous commençons par Aurélien Evangelisti." En attendant la mise en ligne du site de la municipalité, le site du Truc de Balaruc affirme la présence du village du Muge sur la toile planétaire! Un seul clic et vous serez à Balaruc le Vieux : www.letrucdebalaruc.fr.fm

Marc Ayral ©

23/06/2002

Le retour du muge de Balaruc le Vieux à l'occasion de la fête médiévale.

medium_le_muge.jpgPartir d'un fait historique devenu légende populaire et le faire revivre sous la forme d'un animal totémique est l'idée que l'association "Le Truc" a proposé aux "Mourres de Porc". Séduit, Jean Garcia, organisateur de la fête du village y a adhéré immédiatement.

Alain Barry le préside du "Truc" explique l'idée de son association : "A partir d'une vieille histoire que Marcel Franck, un ancien du village, nous avait raconté et après quelques recherches, avec Philippe Carcassès des "Mourre de Porcs" nous avons exhumé - Marc Ayral et moi- une tradition populaire balarucoise basée sur le défit de l'autorité." En effet au moyen-âge le seigneur de Balaruc n'était autre que l'Evêque de Maguelonne. Albert Fabre dans son histoire de Balaruc y fait référence. Monseigneur Bérenger de Frédol et ses successeurs avaient selon des écrits anciens donné à "la communauté de Balaruc un droit de pêche sur l'étang moyennant une redevance annuelle de 45 livres payée aux évêques de Maguelonne". Ce droit obtenu par l'impôt avait dû "agacer" les balarucois qu'ils ne payèrent pas plus de 50 livres par an jusqu'au XVIIème siècle. L'évêque de Maguelonne intenta un procès aux habitants, procès qui dura près de quarante ans et qui selon Fabre se termina à l'avantage de la communauté de Balaruc. Peu avant la révolution, dans les années 1766 à 1784, le commerce du poisson dut se développer considérablement puisque le montant de l'adjudication passa "allègrement" de 700 livres à 4000 livres. Cette taxe fut semble-t-il appelée la "dîme du muge" ou "l'impôt du muge". C'était une manière pour les autochtones, grâce à leur résistance pacifique, de clamer la faible valeur de cette taxe par rapport aux profits qu'ils pouvaient réellement tirer de l'exploitation des eaux poissonneuses de l'étang. Une plaisanterie circulait alors "Le muge pour l'évêque, le loup et la dorade pour nous!" En hommage à leur poisson fétiche les balarucois l'érigèrent en forme de girouette tout en haut du clocher de l'église St Maurice. Il y resta jusque dans les années 1970 où usé par la rouille, il disparut du ciel "enfangatch". Ainsi, le muge est devenu pour les habitants de ce village le symbole d'un pied de nez à l'autorité. Après ce petit travail d'historiens, les membres de L'association "Le Truc" on décidé d'honorer leurs anciens et leur animal en créant l'animal totémique de Balaruc : "Lo mujol" de Balaruc. En ce moment en construction dans l'atelier d'un des membres de l'association "le muge de Balaruc" va rejoindre les autres animaux totémiques du Languedoc : "Le taureau de Mèze", "la chèvre de Montagnac", "le poulain de Pézenas"… : Dans de nombreuses villes et villages au cœur de l’Hérault, les habitants ont choisi des animaux comme symbole totémique, ils servent d’ouverture à toutes les festivités locales. Grâce à quelques passionnés de traditions populaires Balaruc le Vieux honorera à nouveau son Muge, bien dans l'esprit frondeur du balarucois!

10/02/2002

La chanson du "Muge de Balaruc" in extenso

La chanson du Muge de Balaruc ne pouvait être qu'en occitan; version dialecte de Thau , ceci pour les puristes. Lorsque Alain Barry, le président du "Truc" et Marc Ayral ont proposé de créer une chanson à la gloire de l'animal local, Lionel Lopez et Philippe Carcassès des "Mourres de Porc n'ont pas hésité une seconde : "C'est une superbe manière de faire vivre notre culture populaire locale!". S'exclame Lionel. En effet, la culture ce n'est pas seulement les beaux arts, la musique et la littérature mais c'est aussi toutes les choses partagées par la mémoire collective. "Le Muge de Balaruc" en est un exemple vivace. Chantons-le ensemble!

Lo Mùjol de Balaruc

L’ estanh de Tau amaga tant de monde
Que gausan pas se mostrar au sorelh
Totes franc d’un , un peis qu’a pas vergonha
De sautar naut faire lusir sa pèl .

Refranh :
Cantem ensems lo mùjol de Balaruc
Que l’an quilhat sus la glèisa dau truc !
O Monsenhor , siàs estat colhonat ,
Ambe de mùjols Balaruc t’a pagat .

O peis d’ argent au front coronat d’ aur
Totjorn content e que jamai rondina
Se ditz aqui qu’ as trobat un tresaur
En graufinhant lo fons d’ una robina.

Refranh

Monde d’ estanh , monde de la Gardilha ,
Fai ja de temps que lo melhor ,es el,
Per saludar lo garçon e la filha :
Car de l’estanh es lo còp de capèl !

Refranh

Traduction :

Le muge de Balaruc

L’étang de Thau cache tant de monde
Qui n’ose pas se montrer au soleil !
Tous , sauf un , un poisson qui n’ a pas honte
De sauter haut faire briller sa peau.

Chantons ensembles le muge de Balaruc
Que l’on a placé au sommet de l’église de la petite colline
O Monseigneur , tu as été bien attrapé,
Avec des muges ,Balaruc t’a payé.

O poisson d’ argent au front couronné d’or,
Toujours content et qui jamais ne rouspète
Il se dit par ici que tu as trouvé un trésor
En grattant le fond d’un petit canal d’irrigation.

Gens de l’ étang , gens de la Gardiole
Il y déjà longtemps que le meilleur c’est lui
Pour saluer le garçon et la fille :
Car de l’étang c’est le coup de chapeau !

Au refrain deux fois.
Lionel Lopez le 10/02/2002.
Philippe Carcassès
D'après une idée de Marc Ayral

27/07/2001

Albert Barry : «Mon ami Lucky Luke»

Parti avec le secret de sa créativité naïve Albert Barry a laissé ses compagnons, Lucky Luke, Bambi, le chat, le flamand rose et tous les autres, dans le jardin qu’il a composé à sa retraite de directeur de la cave coopérative. Hommage a un artiste brut comme son art, pour que continue à vivre son jardin.

Lucky Luke est en deuil ; deux fois. Il y a des coïncidences curieuses. A un an d’intervalle, son créateur et dessinateur, Morris et Albert Barry son «ami intime » et sclupteur s’en allaient : «I’m poor lonesome cow boy ! » *
Sur l’avenue des Bains, à Balaruc le Vieux, certains jours c’est un défilé incessant. Particulièrement en cette période estivale. Les curistes et les touristes soit parce qu’ils connaissaient Albert soit par curiosité, s’arrêtent devant le N° 12 pour admirer sa passion créative.
Sa femme, Marie-Thérèse, du haut de la fenêtre de sa maison salue les visiteurs. Elle a été sa première admiratrice : « Il avait un sacré coup de crayon, regardez cette toile c’est sa première peinture. » Tant dans la maison que dans son atelier les murs et les étagères sont les supports d’une collection riche de ses peintures et sculptures. Alain, son fils, est lui aussi heureux de présenter le travail de son père : « Mon père était dévoré par son enthousiasme inventif. Il créait sans cesse de nouveaux personnages. Il les faisait se parler entre eux. Son monde candide est le reflet de sa personnalité. » Alain Barry a pourtant un souci. Il l’expose sereinement : « Depuis le décès de mon père, le jardin demeure une curiosité. » Les badauds sont nombreux devant le portail violet du jardin. Mais ils peuvent constater que si la magie est intacte, les personnages s’abîment et se dégradent à l’épreuve des intempéries. «Afin de sauvegarder ce patrimoine, je vais, avec un groupe d’amis, prendre les contacts nécessaires pour le valoriser et le restaurer ». L’idée d’un musée Albert Barry est dans l’air. Alain poursuit : «Pas si loin de Balaruc le Vieux… des moyens importants ont été investis pour présenter des collections d’art modeste ». Albert Barry à la manière du facteur Cheval n’a t-il pas lui aussi su créer un univers de poésie et de gaieté ? Comme le dit le dicton populaire : Quelquefois on va chercher loin ce qu’on a prêt !
« Je revois mon père accueillir les visiteurs leur montrant ses dernières créations » Sa renommée dépasse les limites du Pays de Thau. Un livre a été publié en 1995. Il retrace le cheminement imaginatif d’Albert Barry. Ce recueil, signé par Yvonne Bruel et Hélène Joyeux, est une poésie a lui seul. On peut y lire : « Le dérisoire devient grandiose et le détail l’emporte sur le tout ».
Alain Barry en le feuilletant sait qu’il se doit de rendre hommage à l’œuvre de son père.: « Profondément Balarucois, mon père a laissé une sorte de message. Il a construit un univers gentil. Peut être parce qu’optimiste de nature il préférait le voir ainsi. » Son ami Lucky Luke ne peut rester solitaire plus longtemps. Gageons qu’Alain Barry, trouveras les moyens permettant de continuer à présenter, à Balaruc le Vieux, dans les meilleures conditions, tous les amis d’Albert.
Et toujours à un public le plus large.
* Chanson de Lucky Luke qui termine toutes ses aventures. Traduction : « Je suis un pauvre cow-boy solitaire… »