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09/10/2006

Défiance pour la politique ou la "contre-démocratie"

medium_p_rosanvallon.jpgLes politiques qu'ils soient candidat(es) ou déjà élu (es) ont vraiment d'énormes difficultés à appréhender le comportement des citoyens vis à vis d'eux depuis 20 ans. Pierre Rosanvallon (en photo) décrit le phénomène dans sa dernière livraison sous le titre de : "La Contre-Démocratie" aux Editions du Seuil. Intellectuel, professeur au Collège France, qui avec Michel Rocard, Edmond Maire et plus largement les cathos de gauche, la Cfdt des années 70, le Psu jusqu'en 1970 et à la suite de Mendès France inventa le concept de seconde gauche que le sociologue Alain Touraine décrivit aussi comme la "vrai" gauche".

Le résumé du livre proposé par l'éditeur est celui-ci :

"L'idéal démocratique règne désormais sans partage, mais les régimes qui s'en réclament suscitent partout de vives critiques. L'érosion de la confiance dans les représentants est ainsi l'un des problèmes majeurs de notre temps. Mais, si les citoyens fréquentent moins les urnes, ils ne sont pas pour autant devenus passifs : on les voit manifester dans les rues, contester, se mobiliser sur Internet... Pour comprendre ce nouveau janus citoyen, cet ouvrage propose d'appréhender les mécanismes d'institution de la confiance et l'expression sociale de la défiance comme deux sphères et deux moments distincts de la vie des démocraties. L'activité électorale-représentative s'organise autour de la première dimension : c'est elle qui a été classiquement étudiée. Mais la seconde n'a jamais été explorée de façon systématique. C'est à quoi s'attache Pierre Rosanvallon en proposant une histoire et une théorie du rôle structurant de la défiance dans les démocraties. Ce renversement radical de perspective conduit à explorer un continent politique longtemps inaperçu : celui de la " contre-démocratie ". Cette dernière résulte d'un ensemble de pratiques de surveillance, d'empêchement et de jugement au travers desquelles la société exerce des pouvoirs de correction et de pression. À côté du peuple-électeur, elle donne voix et visage aux figures d'un peuple-vigilant, d'un peuple-veto et d'un peuple juge. C'est là sa vertu, mais aussi son problème. Car, à trop valoriser les propriétés de contrôle et de résistance de l'espace public, elle peut aussi faire le jeu du populisme et de " l'impolitique ", entravant la formulation positive d'un monde commun."

Je cours l'acheter, et n'hésitez pas si vous l'avez lu à me faire part de vos commentaires.

Marc Ayral ©