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01/11/2007

La Vène ou l'Avène?

medium_blvx-assainir-pour-proteger-la-nature.2.jpgParmi les questions qui alimentent souvent les conversations des balarucois, il y a celle de l'orthographe de La Vène ou de l'Avène?
Il est vrai que les tenants du modernisme ont pour eux beaucoup de preuve : les cartes récentes et autres plan communaux. C'est les partisans de "La Vène". Côté tradition les défenseurs de "l'Avène" se targuent de défendre le patrimoine linguistique languedocien. Le débat tourne entre usage et toponymie, la science des noms de lieux. Pour éclaircir la polémique, remontons à la source : Le pêcheur - il y en a encore- ou le promeneur lorsqu'il en longe les rives ignore quelquefois d'où cette onde capricieuse peut venir. Entre Montbazin et Cournonsec aux pieds des Monts d'Aumelas apparaît une résurgence. Cette source est alimenté par les infiltrations et les ruissellements d'un bassin versant d'une superficie de 70 km2, entre les Cournons, Antonègre, Aumelas et Villeveyrac. Ces eaux "guidées" par une roche calcaire qu'on appelle karstique se gonfle par l'apport d'une autre source avant de se jeter dans la Crique de l'Angle du Bassin de Thau. Ces précisions apportées pourraient, de manière scientifique, donner raison au partisans de ''L'Avène". Pourquoi ? Outre les cartes anciennes qui l'orthographie de cette manière, l'étymologie occitane consolide encore cette version. "avenar" signifie en occitan "Sourdre" qui sort de terre. C'est bien le cas de l'Avène (ou La Vène). On remarque aussi le mot "avenc" de même origine qui désigne un gouffre creusé par les eaux dans une roche calcaire. C'est encore le cas de La Vène (ou l'Avène). Voilà beaucoup d'arguments qui plaident en faveur de l'appellation historique, scientifique et linguistique : l'Avène. Mais les consignes de francisation de la fin du XIXème siècle se sont aussi appliquées ici. L'usage a fait le reste : "L'Avène" et devenue "La Vène". Mais pas pour tout le monde, tradition et sentiment languedocien oblige!

Marc Ayral ©
publié dans ML le 20/01/03

19/10/2007

Détournement de l’Agau : La MISE intervient !

medium_barrage_de_l_Agau.JPG

Le revoilà le problème de la gestion des eaux capricieuses de l’Avène. Il réapparaît suite à la position, on a envie de dire, -enfin- prise par les services de l'état : DDE et Mise (mission inter-service de l'eau). Suite au recours qu’a lancé Alain Herrada au printemps 2006.

 

On se souvient qu’en mars 2006, le dernier viticulteur balarucois avait subi une inondation majeure d’une partie de son exploitation se trouvant en berge de la rivière. Des travaux, à l’initiative unilatérale de la commune de Balaruc le Vieux, qualifiés par les hydrauliciens « d’hasardeux et d’inefficaces » avait été entrepris durant l’été 2005 consistant à medium_Avène_et_Agau-2.JPGboucher le déversoir de l’Avène vers l’Agau en deux endroits : Sous le pont de la bretelle d’autoroute au lieu dit « Frescaly » et sous le pont de l’ancienne voie ferrée à quelques centaines de mètres de là. L’année suivante, les eaux trouvèrent donc leur nouveau chemin en inondant un jeune plantier (vigne nouvelle), faisant ainsi subir des dommages financiers important « plusieurs dizaines de milliers d’euros » selon Alain Herrada.

 

La MISE par la voie de son contrôleur général des TPE, M. Juers a donc  récemment « invité la commune à retirer les matériaux obstruant ce chenal de décharge »(ndlr : l’Agau) . Faisant remarquer conjointement que les services de l’Etat ne « peuvent accepter une quelconque réduction des capacités d’un champ d’expansion des crues. » Le rappel à l’ordre, adressé à Max Serres, maire de la commune des remparts, lui remet en mémoire ses obligations en la matière, édictées par le décret du 29 mars 93 indiquant que « tout projet entrant dans le cadre de la nomenclature annexée à ce décret doit faire l’objet d’une procédure permettant d’en vérifier l’impact sur le milieu et de définir d’éventuelles mesures compensatoires » Autrement dit, l'initiative municipale exécutée par une société de travaux public peu scrupuleuse

medium_barrage_de_l_Agau-2.JPG 

(condamnée par ailleurs pour des dépôts sauvages de matériaux à La Crique de l’Angle) était interdite dans ces conditions. C’est donc des centaines de m3 de gravats, terres, déchets de démolition qui obstruent l’Agau qui devront être retirés au frais du contribuable. On ne doute pas que le sujet viendra sur la table des débats des élections municipales prochaines.

Voir la note de mars 2006 : http://paroles.midiblogs.com/archive/2006/03/04/un-viticu...

 

Marc Ayral

04/12/2006

La Vène ou l'Avène suite du débat

Le débat partit de Balaruc le Vieux semble faire tâche d'huile le long de notre rivière. Un érudit montbazinois à voulu apporter de l'eau au moulin de la controverse.

Jean David, historien et vice président de l'université du temps libre du Bassin de Thau indique : "L'orthographe "la Vène" s'est substitué à celui de " l'Avène" au XVIIIème siècle où nous trouvons sur la carte de Cassini la désignation exacte : "La Veine". " Cette précision apportée, Jean David se range néanmoins parmi les partisans de "l'Avène", Pourquoi? : Il a retrouvé au moins 7 extraits de cartulaires qui avalisent très clairement et sans le moindre doute que la "Vène" s'écrivait "l'Avène". En 1109 le terme de "Ecclesium de fisco de Avena" c'est à dire le "trésor de l'église de l'Avène". En 1115, comme un ex-voto "Ponti amici de Avena" qu'on traduit par aux "amis du pont d'Avène". En 1204, l'expression latine "Riperia Avène" qui veut dire "sur les rives de l'Avène". Sur un texte de 1292, Jean David relève "de Avène fluvio" soit "la rivière Avène". Notre patient historien a aussi retranscrit, d'un cartulaire de 1331, "locum dictum gulam Avène" qui désigne "lieu dit amont de l'Avène" et "locum dictum hospitale de Avène" qui signifie "lieu dit centre d'hospitalité". Pour Jean David, cette dernière expression pourrait indiquer un lieu-dit se trouvant entre Lavérune et Balaruc le Vieux : "Pourquoi pas Montbazin?" s'empresse t-il d'ajouter en étayant son propos par l'explication suivante : "Le site de la villa romaine qu'on appelle les "Avenasses" peut désigner à l'origine soit un tènement où l'on plantait de l'avoine "avena" en occitan, soit notre source de l'Avène." Est-ce la rivière qui a donné le nom à ce lieu ou bien est-ce ce lieu qui a donné son nom à la rivière? Voilà un autre débat de spécialistes à ouvrir. En tout cas à l'avenir comme dans le passé notre rivière peut s'appeler l'Avène.

Marc Ayral ©
Article paru dans ML le 11/01/03

07/10/2006

Sauver Thau c'est protéger la Crique de l'Angle

medium_criq_angle.jpgTous les "partenaires" élus, riverains, conchyliculteurs, promeneurs, chasseurs, touristes, ont pris conscience à des dégrés trop disparates du risque que représente pour la santé de l'étang de ne rien faire ou si peu pour protéger de manière pérenne la Crique de l'angle. Les pluies d'automne qui lessivent les sols, qui grossisent le cours de l'Avène (La Vène), qui drainent les nombreux effluents de la zone commerciale de Balaruc Loisirs, ainsi que ceux des assainissements personnels des trop nombreuses constructions du versant ouest de la Garrigue balarucoise ajoutés à ce que certains ont imaginé comme "le nec plus ultra de l'écologie" -les assaisnissements par lagunage- accroissent le risque de départs d'efflorescences d'alexandrium (bloom).
En cela les études d'Ifremer, souvent contestées par la rudesse de leur conséquence, mais les chiffres sont têtus, montrent que la Crique de l'Angle est un bouillon de culture. Un "kyste d'Alexandrium" selon leur expression.
Face à cela, contrat de baie, schéma de mise en valeur de la mer, semblent peu peser sur la rapide dégradation des milieux. Seule un volonté coordonnée de tous les acteurs peut dans un délai moyen permettre que les bonnes décisions soient prises. Arrêt de la cabanisation, inetrdiction de toutes circulations automobiles côté Balaruc le Vieux comme côté Bouzigues-Poussan. Surveillance accrue afin que les incivilités nombreuses qui portent atteintes au milieu soient sanctionnées. Classement du site en réserve.
Il est encore temps avant que Thau devienne un bassin mort comme Berre. Aux élu (es) ou futur (es) d'en prendre conscience et surtout d'agir très vite.

Marc Ayral ©