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26/08/2011

Une voix de lumière suspendue à des cordes d’or

magali léger,sylvanès

C'était le 17 juillet dans l'Abbatiale de Sylvanès : Beauté, pureté, précision, finesse… les substantifs viennent à manquer pour décrire le fabuleux concert qu’ont donné Magali Léger et l’ensemble RosaSolis pour ce second dimanche de musique au festival de l’abbaye de Sylvanès. Et pourtant, ce spectacle d’une délicatesse incomparable mériterait bien des lignes tant il fut éblouissant. Comme les étoiles qui apparaissent au crépuscule des soirs d’été, la voix a commencé par s’élever, doucement, patiemment. Et déjà l’on commençait à frissonner sous cette lumière sonore, cristalline et légère. Les violons l’appuient, la soutiennent, donnant à l’ensemble un relief  saisissant.  Cette voix, c’est Magali Léger, soprano française talentueuse et de grande renommée. Pour l’accompagner dans un programme baroque qui réunit Haëndel, Pergolèse et Leonardo Leo, l’ensemble RosaSolis a indéniablement déployé des trésors de virtuosité et de précision. L’esprit « chambriste » du groupe, qui joue en petite formation (deux violons, un alto, un violoncelle et un orgue) donnait au spectacle un caractère intimiste qui se mariait très bien aux styles des œuvres présentées. Dans une première partie, les concertistes proposaient deux Salve Regina (le premier de Haëndel, le second de Leonardo Leo), entrecoupés d’une excellente symphonie instrumentale de Porpora. Venaient ensuite deux cantates de Pergolèse, encore une fois partagées par une pièce de musique de chambre. Dans un respect profond pour l’écriture baroque, tout en contrepoint, basse omniprésente et élans vertigineux et virtuoses, les artistes semblaient habités par leur musique. Et Magali Léger, rayonnante dans cet écrin sonore, illuminait le public par la fraîcheur et l’intensité de sa voix. Sans abuser des artifices de l’art lyrique, elle jouait avec une habileté presque déconcertante sur les registres. Tantôt enjouée et primesautière comme les étincelles d’un feu de joie, tantôt tragique et feutré comme les cierges mortuaires, la lumière de sa voix n’a pas cessé de subjuguer un public positivement conquis et sous le charme. Certains affirment même avoir vu un ange sur scène, qui chantait avec un éclat sans égal les plus beaux chants célestes, pour les cœurs de la terre.